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                   Journal de la Tendance Marxiste Internationale

samedi, août 02, 2014

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Dans la soirée du mardi 25 novembre, trois dirigeants syndicaux ont été assassinés à Aragua, au Venezuela. Richard Gallardo, secrétaire de l’UNT dans l’Etat d’Aragua, Luis Hernandez, secrétaire du syndicat des travailleurs de Pepsi-Cola, et Carlos Requena regagnaient leur véhicule, après avoir mangé dans un restaurant de La Encrucijada, lorsqu’un homme à moto a fait feu sur les syndicalistes. Tous trois venaient de passer leur journée à soutenir la lutte de 400 travailleurs de l’usine colombienne Alpina.

Les travailleurs ont occupé l’usine Alpina, exigé le paiement de leurs salaires et lutté contre la tentative des dirigeants de la multinationale de fermer cette usine. Le matin même, ils avaient été brutalement réprimés par la police régionale. Les trois syndicalistes avaient mobilisé les travailleurs d’autres usines, dans la localité, qui ont permis aux salariés d’Alpina de reprendre le contrôle des installations. Ils ont demandé la nationalisation de l’usine, sous contrôle ouvrier.

L’actuel gouverneur régional d’Aragua, Didalco Bolivar, avait été élu sur une liste pro-Chavez, en 2004, avant de passer à l’opposition, en même temps que son parti Podemos, lors de la campagne pour le référendum constitutionnel de 2007. Il a des liens étroits avec les capitalistes locaux et, pour défendre leurs intérêts, a systématiquement recouru à la répression policière contre les travailleurs, comme par exemple lors de la mobilisation des ouvriers de Sanitarios Maracay, en avril 2007.

Début décembre 2008, la direction de l’entreprise Republic Window & Door, aux Etats-Unis, annonçait que l’usine de Chicago allait fermer trois jours plus tard. Ce délai de trois jours était une violation flagrante de la loi fédérale, qui prévoit un préavis minimum de 60 jours. En réaction, quelque 300 travailleurs de Republic ont occupé l’usine et exigé le payement de différentes indemnités. Pour la première fois depuis les années 30, des travailleurs américains ont occupé leur lieu de travail. C’est un symptôme très important de l’humeur combative qui se développe, dans la classe ouvrière américaine. Alors que le patronat s’efforce de placer le poids de la crise sur les épaules des salariés, la lutte des classes est de nouveau à l’ordre du jour, aux Etats-Unis.

La révolution vénézuélienne traverse une étape cruciale de son développement. Face à la récession mondiale qui frappe de plein fouet le pays, la révolution se trouve confrontée à des choix vitaux pour son avenir. L’économie vénézuélienne est encore largement entre les mains des capitalistes, et dépend toujours en grande partie de ses exportations pétrolières.

Depuis 2007, le Venezuela connaît une grave crise alimentaire. Divers produits comme le café (deuxième production nationale), le sucre, le lait, l’huile et le riz viennent à manquer sur les étals des marchés et supermarchés. A Caracas, les prix ont augmenté de 50% en un an. Par exemple, le prix d’un kilo d’oignons frôle les 4 euros. C’est encore plus cher qu’aux Etats-Unis ou en Europe.

A l’annonce de la victoire de Barak Obama, des millions d’Américains sont descendus dans la rue pour fêter l’événement. Des millions d’autres, devant leurs écrans de télévision, criaient leur joie et leur enthousiasme. L’espoir se lit sur les visages et dans les larmes – en particulier chez les afro-américains et les latinos, mais pas seulement. Après les « années noires » marquées par la politique réactionnaire de George W. Bush, la masse de la population américaine se dit qu’une page s’est enfin tournée.

En France et en Europe, la couverture médiatique de l’événement est d’un superficialité caractéristique : elle met surtout l’accent sur la couleur de peau du nouveau président. Aux Etats-Unis aussi, sans doute, la plupart des travailleurs afro-américains veulent croire que l’élection d’un président « de couleur » présage une meilleure prise en compte de leurs problèmes. 90% des afro-américains ont voté pour Obama, tout comme 66% des latinos et 68% des jeunes qui votaient pour la première fois. Mais la couleur de peau des hommes politiques ne change rien. Condoleeza Rice et Colin Powell étaient noirs, ce qui ne les a pas empêchés de défendre implacablement les intérêts des capitalistes américains, aux Etats-Unis et dans le monde. Il en sera de même avec Barak Obama.

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