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                   Journal de la Tendance Marxiste Internationale

mercredi, mars 04, 2015

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La lutte contre la casse des retraites a montré que l’immense majorité de la population s’opposait à cette contre-réforme. La participation aux grandes journées de mobilisation est montée jusqu’à 3,5 millions de manifestants. Parallèlement à ces grandes journées, de nombreuses grèves illimitées étaient en cours dans tout le pays. De « petites » manifestations – de 2 ou 3000 personnes – ont eu lieu jusque dans des petites villes de province, où il arrivait que plus d’un quart de la population locale soit dans la rue. A travers le pays, les lycéens et les étudiants se sont lancés dans l’action. Les mobilisations s’accompagnaient souvent de débrayages de salariés dans les entreprises locales, dans les hôpitaux, les administrations publiques et les écoles. Le pays était en ébullition.

Depuis le 12 octobre, le mouvement contre la casse des retraites a franchi un seuil décisif. Les grandes journées d’action n’en forment plus le centre de gravité, bien qu’elles soient toujours aussi massives et sans cesse plus combatives, comme l’a montré le 19 octobre. Désormais, l’axe central de la lutte s’est déplacé sur le terrain des grèves illimitées et des différentes opérations de blocage de l’économie. Dans tout le pays, le mouvement prend la forme d’un foisonnement d’initiatives : débrayages, piquets, blocages, manifestations... Dans la meilleure tradition du mouvement ouvrier français, la grève se développe à l’initiative des syndicats d’entreprise, des Unions Locales, des Assemblées Générales interprofessionnelles, etc. – malgré la passivité des directions confédérales, qui dans ce domaine ne « dirigent » rien du tout. A cela s’ajoute l’intervention croissante de la jeunesse, avec désormais l’entrée en scène des étudiants, dans la foulée des lycéens massivement mobilisés. Le sol se dérobe chaque jour un peu plus sous les pieds du gouvernement Sarkozy.

L’usine FIAT Pomigliano d’Arco, dans la région de Naples, focalise l’attention de tous les militants syndicaux, en Italie. Les patrons de FIAT cherchent à imposer aux salariés de nouvelles conditions de travail draconiennes, « en échange » d’investissements massifs pour produire la Fiat Panda dans cette usine. Les patrons font miroiter 15 000 embauches. Ils ont menacé les travailleurs de fermer le site, si ce plan était refusé par les travailleurs. Parmi les mesures proposées par la direction figurent une diminution du nombre et des temps de pause, une intensification drastique des rythmes de travail et l’interdiction de facto de faire grève pendant toute une période.

Le 22 juin, la direction de l’usine a organisé un vote sur cet odieux chantage. Son résultat fut excellent pour les travailleurs, la gauche et le syndicalisme combatif. Certes, formellement, ce fut une défaite, puisqu’un peu plus de 60 % des travailleurs ont voté OUI. Mais ce résultat doit être mis dans le contexte de ce qui s’est passé dans l’usine. Marchionne, l’administrateur délégué de FIAT, misait sur une victoire écrasante du OUI, de l’ordre de 90 %. Il n’en a rien été, puisque près de 40 % des travailleurs – dont environ la moitié des travailleurs manuels – ont dit NON.

Cet article a été écrit par nos camarades français le 29 août 2010. Il y a eu depuis de nouveaux développements. Ces plus récentes analyses sont disponibles sur lariposte.com

Tout a été dit – notamment par L’Humanité et la CGT – sur la régression sociale majeure que constitue le projet du gouvernement sur les retraites. Les mensonges et les arguments démagogiques de l’UMP ont été mis en pièce. Résumons. Les contre-réformes qui se sont succédées, depuis vingt ans, ont fait baisser de 20 % le niveau moyen des pensions. La « réforme Woerth » aggraverait encore la situation. L’objectif, à terme, est d’ouvrir aux assurances privées un marché potentiellement colossal. Et tant pis pour ceux qui n’auront pas les moyens de s’assurer. Quant aux arguments budgétaires et démographiques du gouvernement, ils signifient, au fond, que nous vivons trop bien et trop longtemps. Sous le capitalisme, la population est priée de faire marche arrière – à l’exception d’une petite couche de privilégiés qui possèdent tout.

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