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Jacques Parizeau et le contenu de classe de la souveraineté

L'ancien premier ministre du Québec et chef du Parti québécois Jacques Parizeau est décédé le 1er juin dernier. Cela a été l'occasion pour des personnalités provenant de tout le spectre politique de discourir longuement et avec nostalgie sur la perte de ce dernier « grand homme d'État ». Des deux côtés du spectre, Parizeau fut salué pour sa détermination et son travail acharné pour la réalisation de ses idéaux nationalistes et souverainistes. Toutefois, le marxisme nous permet de jeter un regard différent sur l'homme et sa carrière politique.

La Révolution Espagnole - 1931-1939


Le 12 avril 1931, l’Espagne vote pour désigner ses conseils municipaux. Depuis plus d’une année, le général qui gouvernait en dictateur depuis 1923, Primo de Rivera, est parti, congédié par le roi Alphonse XIII qui ne lui avait pas ménagé auparavant son appui. Il a été remplacé par le général Berenguer puis par l’amiral Aznar qui a organisé ces élections - malgré des risques évidents - pour donner au régime fragile, durement secoué par la crise et un mécontentement général, une certaine base. Le 12 décembre précédent, deux officiers, les capitaines Galán et García Hernández ont tenté à Jaca un pronunciamiento en faveur de la République. Ils ont échoué, et Alphonse XlII a personnellement insisté pour qu’ils soient fusillés, ce qui a été fait. Si le roi a néanmoins pris le risque d’appeler aux urnes et de promettre le rétablissement des garanties constitutionnelles suspendues sous la dictature, c’est qu’il espère que les structures espagnoles traditionnelles - le règne des caciques - donneront la victoire électorale aux candidats monarchistes. Il n’est pas le seul à prévoir un tel résultat, puisque le dirigeant socialiste Largo Caballero et le républicain Manuel Azaña pensent comme lui, que ces élections seront « comme les autres » : une raison suffisante, aux yeux des dirigeants socialistes, pour appeler à ne pas prendre part à un vote de toute évidence truqué...

 

 

La conception matérialiste de l’histoire

Lorsque l’historien, j’entends un de ceux qui ne se sont pas privés du don de généralisation, embrasse par la pensée le passé et le présent du genre humain, il voit se dérouler un spectacle grandiose et merveilleux. En effet, vous savez sans doute que la science moderne suppose que l’homme existe sur notre globe depuis l’ancien quaternaire, c’est-à-dire depuis au moins 200 000 ans. Mais si nous faisons abstraction de ces calculs toujours hypothétiques, si nous admettons, comme on admettait dans le bon vieux temps, que l’homme a paru sur terre environ 4 000 ans avant l’ère chrétienne, nous avons quelque chose comme 200 générations qui sont venues l’une après l’autre pour disparaître comme disparaissent les feuilles dans la forêt à l’approche de l’automne.

La barbarie, la civilisation et la conception marxiste de l’histoire

Henry Ford aurait dit que « l’histoire est un tas d’absurdités » - autrement dit un non-sens. C’est une façon peu élégante de formuler une idée qui a gagné du terrain au cours de ces dernières années. L’illustre fondateur de l’entreprise automobile a par la suite affiné sa définition : « l’histoire n’est qu’une foutue chose après l’autre », corrigeait-il. C’est un point de vue.

La même idée, tout aussi fausse, est exprimée de manière plus subtile par les amateurs d’une certaine philosophie post-moderne à laquelle beaucoup de gens prêtent attention. En réalité, il ne s’agit pas d’une idée récente. Le grand historien Edward Gibbon, auteur du Déclin et chute de l’Empire romain, écrivait que l’histoire n’est rien de plus que « le registre des crimes, des folies et des infortunes de l’homme ».