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Cela fait maintenant 7 ans que le capitalisme est aux prises avec la pire crise économique depuis les années 1930, et aucun signe de véritable reprise ne se profile à l’horizon. Les bourgeois les plus sérieux sont les premiers à admettre l’importance de la crise actuelle. Le magazine The Economist, peut-être la voix la plus représentative de la bourgeoisie, disait en juin dernier que les pays riches ne sont pas prêts pour la prochaine récession. Les taux d’intérêts sont à des niveaux historiquement bas, et presque tous les pays croulent sous des montagnes de dettes. Stephen King, de la banque HSBC, affirmait en mai dernier que «l’économie mondiale est comme un paquebot sans bouée de sauvetage». La perspective de l’OCDE n’est guère plus rassurante : elle ne prédit pas moins de 50 ans de stagnation!

Le Canada et le Québec ne sont pas à l’abri de cette crise. Les maisons du pays sont parmi les plus dispendieuses sur la planète, les dettes privées s’accumulent, et les emplois stables et de qualité se font de plus en plus rares. Au Québec, les gouvernements successifs n’ont rien à offrir de mieux que des mesures d’austérité draconiennes et de vicieuses attaques contre la classe ouvrière organisée, une logique qui est poussée à son comble par le gouvernement libéral actuel. La jeunesse est sans doute la première à ressentir les effets de la crise, les jeunes d’aujourd’hui formant la première génération à vivre plus pauvrement que la précédente. Pour beaucoup de jeunes gens, l’idée d’avoir un emploi stable, une maison et une retraite ne semble qu’un rêve distant.


Au Québec, la jeunesse et les travailleurs- euses ont démontré clairement leur intention de lutter contre l’austérité du gouvernement Couillard. À l’automne dernier, trois manifestations de plus de 75 000 personnes ont eu lieu. Une quatrième s’est ajoutée en avril dernier alors que 75 000 personnes ont répondu à l’appel de l’ASSÉ. Les dirigeants syndicaux, faisant écho à la pression de leur base, nous promettaient un «printemps chaud» et parlaient même de «fermer la province» dans le cadre du 1er mai. Une trentaine de syndicats locaux ont finalement fait la grève le 1er mai. Les étudiant-e-s, revitalisés par l’éveil imminent de la classe ouvrière, ont entamé une grève de deux semaines culminant avec la manifestation du 2 avril dernier. Cependant, le mouvement du printemps, pourtant plein de potentiel, n’a pas réussi à ébranler le régime libéral.


Ainsi, la question qui se pose est: que pouvons-nous faire? Comment vaincre l’austérité?


La crise du réformisme


Dans les périodes de crise économique comme la nôtre, les différentes tendances politiques seront mises à l’épreuve une à une. Les masses testeront les différents partis politiques, et rejetteront ceux qui ne parviennent pas à offrir de solution à la crise. La crise actuelle révèle l’importance de s’armer des idées, des méthodes et du programme qui permettront d’arriver à la victoire.


L’idée dominante dans les organisations qui luttent contre l’austérité au Québec est que l’austérité est «idéologique», qu’elle est un choix du gouvernement libéral et qu’il existe des mesures alternatives. La CSN, sur son site web consacré à l’austérité, parle de «faire contribuer davantage les plus riches», de «réviser la fiscalité des entreprises», etc. De même, l’ASSÉ, dans son plus récent congrès, affirmait vouloir faire campagne avec des idées telles la taxe sur le capital des entreprises, l’augmentation des paliers d’imposition, l’augmentation de l’impôt des entreprises, et ainsi de suite. L’idée derrière tout cela est que l’austérité n’est pas nécessaire, et qu’elle doit être remplacée par des mesures progressistes qui favorisent la majorité de la population, et non les entreprises et les mieux nantis.


En tant que marxistes, nous sommes de tout cœur en faveur de toute réforme qui améliore les conditions de vie de la classe ouvrière et des opprimé-e-s. Cependant, la direction de la CSN et de l’ASSÉ, pour ne nommer que celles-là, se contentent de proposer des réformes, sans les lier avec la perspective du renversement du capitalisme. Or, le problème fondamental est que ces réformes ne peuvent pas être mises en place dans le cadre du capitalisme. Ultimement, tout gouvernement élu sur un programme de réformes, s’il n’est pas prêt à sortir des limites du capitalisme, sera forcé de trahir son programme. La trahison est inhérente au réformisme.


Nous n’avons pas à aller bien loin pour en trouver une démonstration. Le cas de la Grèce est à cet égard très révélateur. SYRIZA, le parti anti-austérité qui rassemble les forces de gauche de différentes nuances, a été élu en janvier dernier grâce à son programme qui promettait de mettre fin au cauchemar de l’austérité. Le parti proposait de modestes réformes permettant d’améliorer les conditions de vie des masses grecques, celles-ci ayant été ravagées par 5 ans d’austérité.


Les dirigeant-e-s du parti croyaient sincèrement pouvoir y mettre fin en négociant avec leurs créanciers européens, mais ceux-ci avaient un autre agenda. Les capitalistes européens et leurs représentants ont tout fait pour empêcher SYRIZA de mettre en place son programme. Ils ont délibérément saboté l’économie de la Grèce et fait dérailler ses banques dans le but de forcer le parti à accepter l’austérité lui aussi. Le 5 juillet dernier, 61% des Grec- que-s ont voté pour rejeter une proposition d’entente qui forçait le gouvernement grec à implanter l’austérité. Malgré ce vote clair et net, Alexis Tsipras, le dirigeant de SYRIZA, s’est vu «forcé» de signer un accord avec ses créanciers qui impose la poursuite et l’approfondissement de l’austérité et l’abandon de la souveraineté du pays, puisque l’économie du pays est maintenant fermement sous le contrôle de la Banque centrale européenne et du FMI. Du programme anti-austérité de SYRIZA, il ne reste, en pratique, plus rien.


Si Tsipras a été «forcé» de trahir son programme politique, c’est simplement parce qu’il n’a jamais envisagé de sortir des limites du capitalisme. Il n’y aucun doute que Tsipras et ses collègues étaient sincères dans leur lutte contre l’austérité. Mais la bonne volonté ne suffit pas; il faut être armé des idées et du programme qui permettent de gagner. Tsipras a affirmé qu’il n’avait «pas le choix» de signer cette entente. En réalité, il y avait une alternative : des mesures socialistes audacieuses et un appel aux masses à défendre activement ces mesures. Mais Tsipras et les autres dirigeants du parti n’ont jamais envisagé cela. En réalité, les réformistes de toutes nuances n’ont aucune confiance en la possibilité que la classe ouvrière puisse faire fonctionner la société. Pour eux, la norme est le système capitaliste et celui-ci est vu comme étant indépassable. Mais chaque fois qu’ils essaient de réformer le système, ils sont mis devant la dure réalité : si l’on tente de gérer le capitalisme, on finit par être géré par lui.


Il n’y a aucun doute que la situation serait similaire advenant qu’un parti qui propose des réformes sans sortir du capitalisme soit élu au Québec ou au Canada. Ce n’est pas un hasard si chaque nouveau Premier ministre québécois se doit d’aller visiter New York pour y «séduire les investisseurs.» Québec solidaire, parti de gauche de la même mouvance anti-austérité que SYRIZA, ferait lui aussi face aux pressions des capitalistes advenant qu’il soit porté au pouvoir. Au Canada et au Québec, comme en Grèce, les leviers de l’économie sont entre les mains des capitalistes et ils pourront mettre leur machine de sabotage en mouvement, advenant qu’un gouvernement s’attaque à leurs profits. La solution réside dans l’expropriation des capitalistes et l’adoption de mesures socialistes. Les tentatives de réformer le système sont, comme nous l’avons vu en Grèce, vouées à l’échec.


Pour un programme marxiste révolutionnaire!


D’un autre côté, les tendances ultra- gauchistes et l’impatience sont aussi présentes dans le mouvement contre l’austérité. Lors du mouvement du printemps au Québec, ces tendances ont nui au mouvement et contribué à son échec.


Le mouvement du printemps 2015, contrairement à la grève de 2012, promettait d’être une lutte des étudiant-e-s et des travailleurs-euses contre l’austérité. Cependant, l’idée à la base de l’organisation Printemps 2015, qui a été à l’origine de la mobilisation, était de construire le mouvement «en dehors des structures traditionnelles», c’est-à-dire en dehors des organisations qui rassemblent des centaines de milliers de travailleurs-euses. Ainsi, les principaux activistes étudiants se sont lancés dans la lutte du printemps sans se tourner de manière claire et audacieuse vers leurs frères et sœurs salarié-e-s. Résultat, l’activité des étudiant-e-s s’est malheureusement souvent limitée à des actions isolées purement étudiantes.


Le résultat de ces méthodes de lutte est que le mouvement a échoué à bâtir des liens solides entre le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier et à amener les travailleurs-euses dans la lutte. Une bonne partie de la population étudiante, placée devant l’alternative d’une grève étudiante isolée et le retour en classe, a opté pour ce dernier. Nous ne devons pas y voir un rejet de la lutte, mais plutôt un rejet de l’aventurisme et de l’impatience caractéristique d’une frange militante du mouvement étudiant. De l’autre côté, l’idée de construire en dehors des structures traditionnelles ne peut que renforcer le contrôle de ces organisations par les bureaucraties conservatrices; elle s’avère donc, en dernière analyse, contreproductive.


Nous avons constamment expliqué que les étudiant-e-s doivent se tourner vers les travailleurs-euses pour gagner. Plutôt que de construire en dehors des structures où des centaines de milliers de travailleurs-euses sont organisé-e-s, les étudiant-e-s devraient plutôt aller voir les travailleurs- euses, envoyer des délégations dans les syndicats locaux pour trouver des travailleurs-euses sympathiques à la lutte contre l’austérité. Il est nécessaire de comprendre que c’est la classe ouvrière, de par la puissance du nombre et son rôle dans la production, qui est la force qui permettra de vaincre l’austérité et de renverser le capitalisme. Le rôle des étudiant-e-s est également très important; l’enthousiasme dont ils et elles font preuve peut servir de bougie d’allumage au mouvement, et ils et elles peuvent aider les travailleurs-euses à surmonter le conservatisme de leurs bureaucraties syndicales. Mais les étudiant- e-s ne vaincront jamais en restant isolé-e-s!


Aujourd’hui, plus que jamais, il est clair que le mouvement étudiant et le mouvement ouvrier doivent s’armer d’un programme révolutionnaire, socialiste. Les militant-e-s de Printemps 2015, malgré la phraséologie souvent radicale, voire anti-capitaliste de leur matériel et de leurs slogans, reviennent eux aussi dans leur propagande à l’idée que l’austérité n’est «pas nécessaire» et que des réformes alternatives doivent être apportées, sans toutefois parler de la racine du problème, soit la propriété privée des moyens de production. Se dire anti- capitaliste, mais se limiter à proposer des réformes sans expliquer que le renversement du capitalisme est nécessaire pour y arriver, ce n’est pas suffisant : le mouvement doit être armé d’un programme marxiste. Contre celles et ceux qui qualifient le marxisme de «dépassé», nous dirons que les idées de Marx et Engels sont encore plus pertinentes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient à leur époque. La plupart de leurs prédictions essentielles – concentration prodigieuse de la richesse, marché mondialisé, développement des monopoles, inévitabilité des crises – se sont réalisées avec une étonnante précision. Depuis la crise de 2008, plusieurs commentateurs bourgeois sont forcés d’admettre qu’«après tout, Marx avait sans doute raison.»


Les idées du marxisme sont celles qui permettent d’expliquer la crise et d’offrir une réelle alternative. Pour les marxistes, l’austérité n’est pas qu’une simple idéologie; l’austérité est une conséquence de la crise du capitalisme, c’est une nécessité pour le système. Ce faisant on ne peut s’y attaquer sans s’attaquer au système lui-même. La période historique dans laquelle il était possible de mener à bien des réformes est terminée. Les tentatives de réformer le système ont échoué. Nous avons besoin d’une révolution!


Construisons la Tendance marxiste internationale!


La lutte contre l’austérité n’est pas l’affaire du Québec uniquement. Seule la lutte unie des travailleurs-euses du Québec et du Canada permettra de jeter à la poubelle de l’histoire l’austérité des Harper, Couillard, et cie. Les militantes et les militants les plus dévoué-e-s et conscient-e-s doivent construire une organisation révolutionnaire unie au-delà des identités nationales.


C’est ce à quoi la Tendance marxiste internationale s’attèle patiemment. Nous sommes fiers d’unir des militant-e-s du Canada et du Québec sous la bannière du marxisme, et de pouvoir compter également sur des camarades qui défendent le programme et les idées du marxisme aux quatre coins de la planète. La lutte est internationale ou elle n’est rien.


En Grèce, nos camarades de la Tendance communiste de SYRIZA ont patiemment expliqué au cours des dernières années que le parti ne pouvait mettre en place son programme qu’en rompant avec le capitalisme, ce que les faits ont démontré. Ils vont continuer ce travail au sein de l’Unité    populaire, parti anti-austérité issu d’une scission à la gauche de SYRIZA. Également, nos camarades du Pakistan sont pratiquement la seule force de gauche significative au pays, l’une des seules lueurs d’espoir dans ce gâchis qu’est le capitalisme pakistanais. En Amérique latine, les forces de la Tendance marxiste internationale travaillent sous la surveillance d’États policiers corrompus jusqu’à la moelle, et s’attèlent, malgré les difficultés que cela engendre, à construire l’organisation qui permettra de renverser ces États.


La crise actuelle du capitalisme confirme les paroles prophétiques de la grande révolutionnaire Rosa Luxemburg : socialisme ou barbarie. La Tendance marxiste internationale a pleinement confiance en la victoire du socialisme sur la barbarie. Cependant, cette victoire ne peut survenir que si les travailleurs-euses possèdent une organisation révolutionnaire qui les unit à travers les frontières, une organisation qui a appris des échecs du passé et qui peut construire sur eux afin que la révolution soit un succès. L’histoire des 100 dernières années montrent que tout le courage et l’abnégation des masses dans leur lutte ne peut mener au renversement du capitalisme et à la construction du socialisme que si elles sont munies d’une telle organisation.


C’est cette organisation que notre tendance s’efforce de construire. Nous en appelons à toutes celles et à tous ceux qui sont d’accord avec nos idées et qui veulent lutter contre le capitalisme à se joindre dès maintenant à la Tendance marxiste internationale!

Aidez La Riposte socialiste dès aujourd'hui à construire les forces du marxisme!