Citoyens de seconde zone

L’empressement de la classe dirigeante à célébrer la culture autochtone, une habitude bien commode depuis quelques années, sert surtout à masquer la violence de leur quotidien.
  • Hélène Bissonnette, Montréal
  • ven. 24 juill. 2026
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Le 21 juin dernier, dans le cadre de la Journée nationale des peuples autochtones, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a déclaré que les peuples autochtones ont « des cultures qui méritent d’être découvertes, appréciées et respectées. » Pourtant, au même moment, la CAQ ferme les yeux sur l’épidémie de tuberculose au Nunavik. Dans ce contexte, de telles paroles sont d’un cynisme révoltant.

Le Nunavik, vaste région au nord du Québec à majorité inuit, traverse une grave crise sanitaire. Dans les trois premiers mois de 2026 seulement, près de 60 cas de tuberculose ont été recensés, alors que l’an dernier – année record – on en a dénombré 116. Le taux de la région atteint 600 cas pour 100 000 habitants, soit plus de 100 fois la moyenne du reste du Québec, ce qui place la région parmi les endroits les plus touchés par la maladie au monde, devant des pays comme l’Inde ou l’Afrique du Sud.

Cette crise est la conséquence directe de conditions de vie désastreuses dans lesquelles doivent vivre les autochtones dans le Nord du Québec. L’épidémie est alimentée par une crise du logement criante, alors que des habitations mal ventilées et surpeuplées créent des foyers de contagion parfaits pour la bactérie. À cela s’ajoute un manque flagrant d’infrastructures de santé, de personnel stable et de ressources de dépistage sur place, forçant souvent les malades à attendre des semaines avant d’obtenir des soins de base.

L’évolution rapide de la maladie dans la région a amené les communautés locales et le personnel de la santé à sonner l’alarme auprès du gouvernement dans les dernières années. Or, la CAQ refuse toujours de déclarer l’urgence sanitaire – ce qui faciliterait grandement l’envoi de ressources. Le gouvernement maintient une inertie et un silence presque total face à cette crise.

Encore une fois, on voit que l’empressement de la classe dirigeante à célébrer la culture autochtone, une habitude bien commode depuis quelques années, sert surtout à masquer la violence de leur quotidien. Derrière cette mascarade se trouve la réalité d’un système qui priorise les profits plutôt que les vies humaines.

Sous le capitalisme, les autochtones sont des citoyens de seconde zone.