Un chauffeur de taxi m’a récemment décrit la crise de la surproduction, sans utiliser ces mots. « Ils manquent tellement de vision à long terme », a-t-il poursuivi, « qui achètera quoi que ce soit si nous sommes tous remplacés par l’IA? » Un autre conducteur s’est indigné du cas récent d’un homme décédé dans la salle d’attente des urgences en raison du manque de financement, déclarant : « Carney, Smith, ils devraient tous aller en prison. Ils l’ont tué. » Un ancien séparatiste albertain m’a confié qu’il avait compris que remplacer les « élites laurentiennes » par les barons du pétrole de Calgary n’était pas la solution. Un voisin a accusé le « capitalisme tardif » et les propriétaires « exploiteurs » d’être responsables de la dégradation de notre immeuble. Un employé d’épicerie a déclaré qu’eux, les commis, pourraient mieux gérer l’établissement que « les cadres veston-cravate du siège social ». Un travailleur de la métallurgie m’a dit : « Tu sais, ce ne serait pas si difficile de paralyser toute cette maudite province. » Même la perspective d’un nouvel accord sur un oléoduc ne parvient pas à impressionner les ouvriers pétroliers de l’Alberta. « Ça n’arrivera jamais », m’a dit un homme dans le bus, « et si ça arrive, il faudra admettre que quelque chose ne va pas avec le climat et que nous ne devrions peut-être pas faire ça de toute façon ». Les événements – difficultés économiques, chaos politique et dirigeants pourris – sont en train d’éduquer les travailleurs de l’Alberta. Comme la vapeur dans un chaudron d’eau qui bout, la conscience se transforme et des conclusions révolutionnaires remontent à la surface. Les gens en ont gros sur le cœur. Je ne vais plus nulle part sans emporter un exemplaire du journal et une poignée d’autocollants à distribuer. De plus en plus, les gens ordinaires sont disposés à écouter nos idées. « Nous devons nous serrer les coudes », m’a dit un homme. « C’est le problème avec ce pays. Chacun ne pense qu’à lui-même, et c’est pour cela que nous échouons. »
Des gens ordinaires tirent des conclusions extraordinaires
- mar. 10 févr. 2026