
Après trois mois de souffrance en prison, Ehsan Ali – président du Comité d’Action Awami du Gilgit-Baltistan (AAC-GB) et membre dirigeant du Parti Communiste Inqalabi (PCR) – est libre! Sa libération est une immense victoire de la solidarité internationale. Elle n’aurait pas été possible sans l’appui décisif de travailleurs, de dirigeants du mouvement ouvrier et de jeunes radicalisés partout dans le monde.
Depuis son arrestation sous de fausses accusations de terrorisme le 10 mars, alors qu’il n’avait fait qu’assister à un dîner pour la levée du jeune et parler de manifestations pacifiques, Ehsan Ali a été soumis à d’horribles conditions de détention. Comme lors de sa précédente arrestation en 2025, les autorités l’ont continuellement pressuré pour qu’il avoue toutes sortes de mensonges scandaleux, tout en menaçant sa famille et ses camarades pour qu’ils acceptent de le dénoncer.
Il a été privé des soins médicaux dont il avait besoin, et un officier supérieur de la police du Gilgit-Baltistan a même reconnu qu’il y avait des ordres « d’en haut » pour qu’« on le laisse mourir ». Mais, défiant ses geôliers, il a enduré ces tourments avec courage et droiture, et a refusé de capituler. Il quitte aujourd’hui la prison, vivant et en bonne santé, prêt à continuer la lutte qu’il a mené toute sa vie pour défendre les pauvres et les exploités de la région.
Sa libération intervient quelques jours après la parodie d’élection qui s’est tenu au Gilgit-Baltistan. La date de son emprisonnement n’était pas non plus une coïncidence. Les autorités voulaient tenir le principal dirigeant de l’AAC loin des rues durant ce processus soi-disant démocratique, qui a installé à l’Assemblée de Gilgit encore un peu plus de laquais du régime d’Islamabad.
La puissance de la solidarité internationale
Les prisonniers politiques au Pakistan et dans les territoires qu’il occupe disparaissent habituellement sans laisser de traces, sans que leurs familles ne sachent ce qui leur arrive. Mais grâce à une campagne de solidarité internationale menée sur les cinq continents par les camarades de l’Internationale communiste révolutionnaire, un projecteur a été braqué sans répit sur les crimes de l’État pakistanais.
Malgré les menaces de l’appareil d’État, des manifestations ont eu lieu à Hunza et dans d’autres villes du Gilgit-Baltistan pour réclamer sa libération. Des travailleurs, des étudiants et des membres du PCR au Pakistan ont aussi organisé d’autres manifestations à travers tout le pays, particulièrement le 1er mai, pour demander sa libération et celle des autres dirigeants de l’AAC-GB.
A l’échelle internationale, des milliers de personnes ont signé notre pétition pour réclamer sa libération. Des camarades et des sympathisants ont manifesté depuis les représentations diplomatiques du Pakistan partout dans le monde, de Montréal à Melbourne, de Londres à Lisbonne, de Chicago à Copenhague! Ils ont remis des dizaines de lettres, alors qu’ils étaient souvent accueillis par des portes fermées, par des policiers et même par des menaces de la part du personnel diplomatique pakistanais. La raison pour laquelle ils étaient à ce point secoués est claire : de graves injustices sont commises en leur nom, et nous avons contribué à le faire savoir au monde!
Des voix importantes se sont jointes à notre campagne. Amnesty International et Genocide Watch ont publié des déclarations pour dénoncer l’arrestation d’Ehsan Ali et la persécution subie par le Comité d’Action Awami. Au total, nous avons reçu le soutien de près de 400 personnalités connues, dont des hommes politiques de gauche (comme l’ancien chef du parti travailliste Jeremy Corbyn), des dirigeants syndicaux représentant des millions de travailleurs (la plus récente étant Laura Walton, présidente de la Fédération du travail de l’Ontario), ainsi que des artistes et des militants progressistes. Le musicien américain David Rovics a même écrit une chanson pour réclamer la libération d’Ehsan Ali!
Un de nos plus importants soutiens en Grande-Bretagne, John McDonnell (député de gauche et ancien chancelier de l’ombre), a participé à un de nos rassemblements de solidarité en personne et soumis une résolution à la signature des députés. Nous appelons tous nos lecteurs britanniques a continuer d’appeler leur député à la signer, car même si nous devons célébrer cette victoire, notre lutte est loin d’être terminée!
La lutte continue
Ehsan Ali reste inscrit au tristement célèbre Quatrième paragraphe, ce qui signifie que ses mouvements vont être étroitement surveillés par la police. Et la répression subie par le Comité d’Action Awami du Gilgit-Baltistan a contraint plusieurs de ses principaux militants à la clandestinité. Nous devons continuer notre mobilisation jusqu’à ce que toutes les poursuites contre l’AAC-GB soient abandonnées et que le nom d’Ehsan Ali soit retiré de la liste du Quatrième paragraphe.
Les escrocs et les généraux qui dirigent le Pakistan répondent à la crise économique et politique déclenchée par la guerre israélo-américaine contre l’Iran en intensifiant la répression des opposants. Cela se voit notamment à la campagne d’assassinats perpétrée contre l’organisation sœur de l’AAC-GB au Cachemire occupé par le Pakistan. Celle-ci y a répondu par une mobilisation de masse.
Le bain de sang, le vol et l’oppression des peuples de la région continueront tant qu’elle restera sous la domination du capitalisme et de l’impérialisme, qui ont créé une situation catastrophique pour des centaines de millions de personnes. En dernière analyse, la seule alternative à ce cauchemar passe par une révolution socialiste. C’est la cause à laquelle Ehsan Ali a consacré sa vie, comme tous les camarades du PCR, qui luttent dans des conditions très difficiles dans tout le Pakistan.
Arracher la libération d’Ehsan Ali est une démonstration concrète de la puissance de la solidarité internationale, qui peut vaincre même le régime le plus brutal et déterminé.
Nous remercions tous ceux qui nous ont aidé à rendre cette victoire possible.
Vive l’ICR! Vive le Comité d’Action Awami! Travailleurs de tous les pays, unissez-vous!