France : offensive de l’extrême droite contre la gauche, le mouvement ouvrier doit réagir!

Un front unique de toutes les organisations de gauche doit se former pour mobiliser largement la jeunesse et les travailleurs contre la violence des groupuscules fascistes, les violences policières, les agressions racistes, la répression des militants syndicaux et la campagne de stigmatisation permanente des immigrés et des musulmans.
  • Simon Berger, d’après le PCR en France
  • ven. 6 mars 2026
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Capture d’écran d’une vidéo de la marche en hommage à Quentin Deranque. De nombreux saluts nazis ont été été vus lors de la marche. / X

Le 12 février dernier à Lyon, une bagarre a éclaté entre des militants néofascistes et antifascistes, non loin d’une conférence de la France insoumise (LFI). Comme l’a révélé le journal L’Humanité, les fascistes avaient comme tactique de préparer des sortes de guet-apens pour les antifascistes, de concert avec une organisation « fémonationaliste » appelée Némésis. C’est exactement ce qui s’est produit en février. Ils étaient venus armés et prêts à en découdre. Mais la manœuvre s’est retourné contre ses auteurs : l’un des militants fascistes, Quentin Deranque, est mort deux jours plus tard des suites des coups reçus.

Depuis, la droite et l’extrême droite mènent une campagne visant à démoniser la gauche, et LFI en particulier, qu’ils accusent d’être la source de toute la « violence politique ». Quentin a été hypocritement élevé en martyr, si bien qu’une minute de silence a été tenue à l’Assemblée nationale en son honneur. Honorer un fasciste au gouvernement – on se croirait dans la France de Vichy!

Bien entendu, les grands médias emboîtent le pas. Après tout, il est habituel d’entendre sur leurs ondes ce genre de calomnies.

Ce tapage a même eu des échos au Québec. Paul St-Pierre Plamondon, le chef du PQ, a affirmé en entrevue avec Patrick Lagacé que Jean-Luc Mélenchon, le chef de LFI, était « un des politiciens les plus anti-démocratiques, qui fait le plus appel à la violence dans la politique française », écorchant aussi QS au passage.

Indignation sélective

Le cynisme de cette opération de propagande est évident. Les accusateurs n’ont absolument aucun problème avec la violence, dès lors qu’elle sert leurs intérêts de classe. Par exemple, lorsque des policiers ont tué El Hacen Diarra, le 15 janvier dernier, la droite, l’extrême droite et le gouvernement français ont regardé ailleurs. C’est sans parler des nombreux meurtres d’immigrants et « d’étrangers » aux mains de l’extrême droite en France. Depuis 2022 seulement, elle aurait commis au moins douze meurtres à caractère raciste. Encouragée par le flot continu de déclarations xénophobes qui sort à chaque jour de la bouche des Le Pen, Zemmour et compagnie, l’extrême droite tue.

Les groupuscules fascistes agressent aussi les militants de la « gauche radicale », LFI comprise. Notamment, au printemps dernier, des fascistes ont poignardé deux militants de la CGT et de Young Struggle tenant une réunion à Paris. À Lyon, les groupuscules d’extrême droite ont comme pratique courante de harceler les réunions et manifestations de gauche – c’était d’ailleurs dans le but de se défendre contre ces agressions que s’était formé le groupe antifasciste lyonnais Jeune Garde, qu’on accuse aujourd’hui de « violence politique ». 

Pour la bourgeoisie, la « violence » est une notion à géométrie variable : elle est acceptable voire légitime lorsqu’elle vient de la police ou de l’extrême droite et frappe des immigrés ou le mouvement ouvrier, mais insupportable lorsqu’elle vient de militants de gauche ou de travailleurs.

Pour une réponse de classe

À quelques semaines des élections municipales et un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, cette vaste campagne contre LFI a évidemment des arrière-pensées électorales. Honteusement, des dirigeants de « gauche » (mais plus exactement de l’aile droite du réformisme français), comme Olivier Faure, le secrétaire du Parti socialiste, ou Alexis Corbière, ancien LFI visant à « concilier » tous les réformistes, ont rejoint les accusations contre LFI, espérant lui dérober quelques votes.

Mais au-delà de LFI elle-même, c’est l’ensemble du mouvement ouvrier qui est visé. On l’a vu le soir de la mort de Quentin, alors que les locaux de l’Union syndicale Solidaires ont été attaqués à Lyon. Cette campagne vise à intimider et démoniser n’importe qui ose s’organiser contre les politiques macronistes, contre les inégalités sociales, contre l’oppression,  et, surtout, contre les idées rétrogrades de l’extrême droite.

LFI a répondu de façon combative, notamment avec l’organisation d’un grand meeting antifasciste à Lyon le 26 février. Les syndicats quant à eux ne doivent pas observer passivement la campagne de haine et les appels implicites à la violence qui visent le mouvement de Jean-Luc Mélenchon. La CGT en particulier, qui par sa taille et sa combativité s’est positionnée à la tête du mouvement syndical français, devrait mener la charge.

Un front unique de toutes les organisations de gauche – politiques et syndicales – doit se former pour mobiliser largement la jeunesse et les travailleurs contre la violence des groupuscules fascistes, les violences policières, les agressions racistes, la répression des militants syndicaux et la campagne de stigmatisation permanente des immigrés et des musulmans. 

Il en va de la défense de nos droits démocratiques les plus fondamentaux, mais aussi de l’unité de notre classe dans la lutte contre les politiques d’austérité, la précarité croissante, la destruction des services publics, les fermetures d’entreprises et tous les autres fléaux qu’engendre le capitalisme en crise.