Grève illimitée chez Métro

Un mouvement de grogne a pris place dans le centre de distribution Métro situé à Laval. Après que leur convention collective a été échue à la mi-mars, les employés du syndicat des travailleurs et travailleuses des épiceries Métro-Richelieu-CSN ont voté à 97% d’appui pour une grève générale illimitée, qui dure maintenant depuis trois semaines. Alors […]
  • Sean Desmidt
  • mer. 22 avr. 2026
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Photo : CSN

Un mouvement de grogne a pris place dans le centre de distribution Métro situé à Laval. Après que leur convention collective a été échue à la mi-mars, les employés du syndicat des travailleurs et travailleuses des épiceries Métro-Richelieu-CSN ont voté à 97% d’appui pour une grève générale illimitée, qui dure maintenant depuis trois semaines.

Alors que le prix du panier augmente année après année, ce groupe de travailleurs s’est levé, avec le soutien des chauffeurs de l’entrepôt Mérite 1, pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Matthieu Lafontaine, le chef syndical du centre de distribution qui dessert non seulement les épiceries Métro, mais également Super C et Adonis, mentionne que les travailleurs recherchent des conditions plus flexibles, entre autres sur les modalités du télétravail, et des politiques plus rigoureuses quant à la sous-traitance de différents services. Surtout, ils demandent une hausse de salaire de 20% durant la première année, pour pouvoir eux-même se payer l’épicerie.

Profits toujours à la hausse

Voici quelques chiffres pour mettre en contexte la taille du groupe Métro. L’action de l’entreprise a bondi de 28% en six ans, son chiffre d’affaires dépasse désormais les 22 milliards, représentant une augmentation de 39%. Juste pendant les trois premiers mois de 2026, les profits de l’entreprise ont bondi de 12,1% par rapport à l’an dernier – le tout alors que les chiffres de l’entreprise elle-même révèlent que la taille des épiceries des clients diminuent. 

La direction de l’entreprise en profite pour s’en mettre plein les poches. Pendant ces mêmes six dernières années, les actionnaires ont vu une hausse de leurs dividendes de 56%. Quant au PDG Éric Laflèche, lui-même a reçu une augmentation de salaire de 37% pendant la même période, et de 11% l’an dernier seulement. Ce même 11% d’augmentation salariale est présenté au syndicat, mais celle-ci s’étalera sur une période de cinq ans! Et le tout, dans une industrie qui comble un besoin essentiel. Présentement, le salaire d’entrée est d’environ 20 dollars de l’heure.

Alors, lorsque la responsable des affaires publiques et communications du groupe Métro, Marie-Claude Bacon, raconte aux médias : « On ne peut pas offrir ce type de conditions-là qui ne seront pas compétitives dans le marché », il s’agit de pure hypocrisie. Si les actionnaires et les hauts placés de Métro sont en mesure de s’en mettre plein les poches, c’est justement parce que les salaires des travailleurs sont à la traîne face aux profits.

Pour des épiceries publiques

Alors que les prix de l’épicerie explosent et que les salaires stagnent, les épiciers comme Métro mangent la laine sur le dos à la fois de leurs employés et des consommateurs. Ces parasites sont libres de s’enrichir ainsi parce qu’il s’agit d’une industrie fortement concentrée, qui leur donne un contrôle monopolistique.

Les membres du syndicat des travailleurs et travailleuses des épiceries Métro-Richelieu-CSN montrent le chemin à suivre, c’est-à-dire la lutte des classes. Le mouvement doit s’étendre dans les autres entrepôts et dans les épiceries. Une victoire des travailleurs de Métro serait un pas en avant pour l’ensemble de la classe ouvrière.

Se nourrir est un besoin essentiel et devrait être accessible à tous. Mais sous le capitalisme, chaque entreprise est guidée par la recherche de profit et non par les besoins de la population. Pour offrir à la fois des prix abordables et des salaires décents aux employés, cette industrie devrait être nationalisée. Une chaîne publique d’épiceries, gérée par les travailleurs, est nécessaire pour mettre fin à l’inflation parasitaire du panier d’épicerie. Pour y arriver, il faut être prêt à remettre en question le capitalisme et le dépasser.