
Les élections municipales du 17 octobre à Vancouver ont complètement rebrassé les cartes de l’establishment politique de la ville.
Ken Sim, maire sortant et coqueluche des milliardaires, a été évincé de son poste par Pete Fry, un candidat du Parti vert. Alors qu’il détenait autrefois sept des dix sièges du conseil municipal, le parti de Sim, A Better City (ABC), a été pratiquement balayé et n’en détient plus qu’un seul.
Les partis de gauche, la Coalition des électeurs progressistes (COPE) et les verts, ont été les grands gagnants de ce revirement. Tous les candidats de ces deux partis ont remporté des sièges au conseil municipal, et le candidat socialiste de la COPE, Sean Orr, a été élu avec le plus grand nombre de voix jamais obtenu par un conseiller municipal dans l’histoire de Vancouver.
Il s’agissait là d’un rejet total du programme promilliardaire de Sim. Au cours des quatre années qui ont suivi l’élection de Sim, les problèmes auxquels sont confrontés les travailleurs ordinaires de la ville n’ont fait qu’empirer. Le logement, en particulier, constitue un point de tension majeur. Les loyers restent les plus élevés du Canada. Si l’on ajoute à cela la forte inflation des prix des denrées alimentaires et du carburant, le salaire minimum – qui a baissé d’un dollar depuis l’arrivée au pouvoir de Sim – est désormais inférieur de près de 10 dollars à ce que devrait être un salaire viable dans la ville.
Pendant que les travailleurs ordinaires peinaient à payer leur loyer, Sim a gouverné en faveur des riches promoteurs immobiliers, leur accordant des allègements fiscaux et supprimant le bureau des locataires, un organisme qui prêtait assistance aux locataires – ce qui a entraîné les taux d’éviction les plus élevés du pays.
Vancouver figure souvent dans les classements des 10 villes où il fait le mieux vivre dans le monde. Mais malgré ses paysages magnifiques, la plupart des Vancouvérois ont du mal à joindre les deux bouts. Ils ne peuvent plus accepter le programme capitaliste de Sim et d’ABC.
La COPE a su exploiter le désir de s’attaquer aux milliardaires qui ont saigné à blanc la ville. À l’heure où près de la moitié des Canadiens vivent de paie en paie, le parti propose de réduire drastiquement les prix des loyers, de rendre les transports en commun gratuits et de créer des épiceries publiques. De plus, ce parti de gauche parle ouvertement de la lutte entre la « classe ouvrière » et la « classe des milliardaires », tout en se qualifiant fièrement de socialiste. Cela a donné aux Vancouvérois en difficulté un programme pour lequel se battre.
Avant les élections, il était impossible de sortir de chez soi sans croiser quelqu’un arborant l’un des badges de la COPE portant l’inscription « Évincez Ken Sim ». Bien qu’elle ait renoncé à présenter son propre candidat à la mairie au profit de Pete Fry, la COPE a obtenu le meilleur résultat de tous les partis lors du scrutin pour le conseil municipal, recueillant près de 17% des suffrages.
C’est un signal d’alarme pour la classe capitaliste à Vancouver. À mesure que la crise économique s’aggrave en Colombie-Britannique, elle se voit contrainte d’exiger davantage de coupes dans les dépenses sociales, tout en gonflant la bulle immobilière lucrative à nos dépens. Les mesures proposées par la COPE constituent une atteinte à leurs profits. Par conséquent, les patrons ne resteront pas les bras croisés face à ces attaques.
Pour remplacer le programme pour les riches de Ken Sim par un programme pour la classe ouvrière et la jeunesse de Vancouver, la COPE et les verts seront contraints d’en découdre avec la classe capitaliste. Pour pouvoir concrétiser les revendications pour lesquelles ces partis ont été élus, ils doivent s’appuyer sur un mouvement combatif rassemblant des dizaines de milliers de personnes sur les lieux de travail et dans les rues. Ce serait la première étape majeure pour reprendre notre ville aux mains des parasites et enfin subvenir aux besoins de la majorité.