En février, des scandales sur l’état désastreux du réseau collégial ont été médiatisés. Au cégep de Sherbrooke, des cours se donnent jusqu’à 23 h parce que les salles de classe sont trop pleines. Au Collège Lionel-Groulx, la cafétéria ne permet même pas d’accueillir la moitié des inscrits, forçant des étudiants à manger dans leurs voitures. Au cégep de Saint-Laurent, un pavillon est fermé depuis deux ans par crainte d’inondation. Au cégep de l’Outaouais, des morceaux de briques tombent des bâtiments.
Les cégeps s’effondrent, littéralement. Pourtant, François Legault vantait son bilan en éducation lors de sa démission. Il y a de quoi rire. En deux ans, plus de 4400 étudiants se sont vu refuser l’accès au cégep en raison d’un manque de ressources pour les accueillir. C’est le prix à payer pour les compressions budgétaires de 538 millions de dollars imposées par la CAQ l’été dernier.
Legault n’est pas le seul à blâmer pour cette crise. Des coupures des libéraux sous Couillard au « déficit zéro » du PQ de Lucien Bouchard, la liste des gouvernements qui ont contribué à la ruine des écoles est longue. L’austérité n’est pas qu’un mauvais choix politique : c’est le diktat des capitalistes qui veulent privatiser pour maximiser leurs profits.
La présidente de la Fédération des cégeps a dit : « Ça craque de partout ». La fissure, c’est surtout celle du capitalisme en crise qui n’est plus capable de répondre à un besoin aussi fondamental que l’éducation.