Les étudiants de l’OCAD votent OUI à la grève!

En votant massivement en faveur d’une grève contre les coupes budgétaires de Doug Ford, les étudiants de l’OCAD marquent un tournant historique pour le mouvement étudiant ontarien. Cette victoire, portée par une mobilisation énergique, brise le mythe de l’apathie étudiante au Canada anglais et lance un signal clair : la lutte pour la gratuité scolaire et contre l’austérité capitaliste ne fait que commencer.
  • Maral Nour
  • mar. 12 mai 2026
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Le 23 avril, le syndicat étudiant de l’Ontario College of Art & Design University (OCAD) de Toronto a adopté une motion en faveur d’une grève étudiante. Il est prévu d’organiser une grève de un à trois jours en novembre prochain, « en vue de préparer des grèves en 2027 et 2028 pouvant déboucher sur une grève illimitée jusqu’à ce que les revendications soient satisfaites (!) ». 

Cette initiative fait suite aux attaques de Doug Ford contre les bourses d’études du RAFEO, mais les revendications vont bien au-delà : gratuité scolaire, suppression des intérêts sur les prêts existants et des frais d’inscription différenciés pour les étudiants étrangers, ainsi que le désinvestissement des institutions impérialistes.

Les grèves étudiantes étant rares en Ontario et dans le Canada anglais en général, il s’agit là d’un pas en avant considérable. Jusqu’à présent, dans le cadre du mouvement contre les coupes budgétaires de Doug Ford, les seuls autres votes en faveur d’une grève ont eu lieu à l’université McMaster, qui a adopté une politique de grève, et à l’université de Waterloo, qui a organisé une grève d’une journée en mars.

Les communistes de l’OCAD ont joué un rôle important dans cette réussite.

En mars et avril, nous avons cherché à mobiliser les étudiants qui partageaient notre conviction quant à la nécessité d’une grève afin qu’ils nous aident à mobiliser encore plus de monde et à faire passer le message.

L’action la plus importante menée par les étudiants de l’OCAD avant le vote a été le débrayage du 4 mars en faveur d’une grève, organisé par le PCR. Ce jour-là, 200 étudiants ont débrayé – un chiffre significatif pour une petite université de 4500 étudiants –, démontrant ainsi que les étudiants de l’OCAD sont prêts à passer à la vitesse supérieure.

Nous avons ensuite lancé une pétition demandant au syndicat étudiant d’organiser une assemblée de grève. Elle a recueilli 200 signatures et a donné lieu à une réunion entre le PCR et le syndicat étudiant afin de discuter des plans à mettre en œuvre. Le syndicat étudiant, qui était favorable à l’idée d’une grève, a alors annoncé la tenue d’une assemblée de grève pour la fin du mois d’avril.

Une fois de plus, nous avons placardé des affiches partout sur le campus, tenu des stands d’information et appelé tous ceux qui avaient signé la pétition afin de mobiliser les étudiants pour l’assemblée. Nous avons ensuite organisé une réunion des communistes à l’OCAD pour coordonner nos efforts et préparer nos arguments. Finalement, nous étions nombreux à l’assemblée, avec une quinzaine de membres et de sympathisants, ce qui a contribué au succès du vote.

Nous sommes désormais prêts à nous mettre au travail dès le début du semestre d’automne pour faire de cette grève un succès. En attendant, nous comptons mettre à profit l’été pour former aux idées du marxisme les nouveaux communistes que nous avons rencontrés au cours de cette campagne.

En effet, non seulement nous avons contribué à faire aboutir cette motion, mais nous avons également profité de cette occasion pour élargir la perspective des étudiants. Nous leur avons expliqué que ce combat ne se limite pas aux bourses d’études : les coupes budgétaires de Ford s’inscrivent dans un programme d’austérité plus large mené par la classe dirigeante. Le système capitaliste est en crise, et les milliardaires ainsi que leurs laquais, tels que Ford, tentent de faire payer la note aux travailleurs et aux jeunes par le biais de coupes dans l’éducation et d’autres services sociaux.

Comme nous l’avons expliqué, une grève étudiante est l’un des moyens dont nous disposons pour commencer à nous opposer au pouvoir des milliardaires. Mais ce problème n’est qu’un parmi tant d’autres auxquels les travailleurs et les jeunes doivent faire face. C’est pourquoi notre objectif n’était pas seulement de mobiliser les étudiants pour cette lutte, mais aussi de les enrôler dans les luttes à venir, en les ralliant à la cause communiste.

Ce message a trouvé un écho auprès de nombreux étudiants, comme en témoigne le succès de notre journal, dont la une appelait à « renverser la classe Epstein » et qui occupait une place de choix lors de chaque mobilisation. En établissant sans cesse un lien entre la lutte contre l’austérité dans l’éducation et la nécessité de renverser le capitalisme, le PCR a recruté neuf étudiants supplémentaires de l’OCAD, alors qu’il n’en comptait que deux au départ!

Tout cela démontre le caractère fallacieux de l’argument selon lequel une grève étudiante serait impossible en raison d’une prétendue apathie des étudiants. Avec une motivation politique adéquate, une mobilisation énergique et un leadership de la part du syndicat étudiant, il n’y a aucune raison pour que des votes de grève similaires ne puissent pas avoir lieu sur d’autres campus.

L’OCAD n’est qu’une petite université, mais ses étudiants ont prouvé qu’une grève était possible. Pour faire échouer les coupes budgétaires de Ford, il appartient désormais aux dirigeants des syndicats étudiants du reste de l’Ontario de commencer à préparer une grève eux aussi.