Les patrons d’Algoma licencient 1000 travailleurs et empochent une prime

Un média local affirme que Garcia a reçu cette prime exorbitante « pour ses efforts en vue de redresser l’entreprise ». On serait plutôt porté à voir ses efforts comme un échec, Algoma Steel ayant perdu de lourdes sommes d’argent et licencié le tiers de sa main-d’œuvre – mais des détails aussi négligeables étaient de peu d’importance pour les actionnaires.
  • Matthew Puddister et Marissa Olanick
  • jeu. 23 juill. 2026
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L’usine d’Algoma Steel, à Sault-Sainte-Marie. Image : Joe Passe/Flickr

Après avoir fait perdre près d’un milliard de dollars à la compagnie l’an dernier et licencié plus de 1000 travailleurs, les cadres supérieurs d’Algoma Steel empochent des primes de millions de dollars.

À Sault-Sainte-Marie, en Ontario, Algoma est le plus gros employeur. Dans une ville de 72 000 habitants, ces licenciements ont des répercussions immenses. Comme l’a dit un habitant : « Tout le monde que je connais est affecté. »

Les actionnaires d’Algoma, eux, restent résolument impassibles. Lors de leur assemblée générale annuelle du 23 juin, quelques mois seulement après avoir envoyé les avis de licenciement, ils ont approuvé le versement de toute une série de primes aux cadres dirigeants de la compagnie. Michael Garcia, PDG sortant ayant pris sa retraite le 31 décembre et recevant un salaire de base de 1,07 million de dollars, a ainsi obtenu un total de 6,82 millions de dollars – davantage que les 2,96 millions et les 5,98 millions de dollars qu’il a reçus respectivement en 2023 et en 2024.

Un média local affirme que Garcia a reçu cette prime exorbitante « pour ses efforts en vue de redresser l’entreprise ». On serait plutôt porté à voir ses efforts comme un échec, Algoma Steel ayant perdu de lourdes sommes d’argent et licencié le tiers de sa main-d’œuvre – mais des détails aussi négligeables étaient de peu d’importance pour les actionnaires.

Rajat Marwah, l’actuel PDG ayant pris ses fonctions le 1er janvier après avoir occupé les postes de président et de directeur administratif et financier l’an dernier, a reçu 1,47 million de dollars – une somme faisant plus que doubler son salaire de l’an dernier, qui s’élevait à 543 752 dollars. John Naccarato, vice-président à la stratégie et directeur juridique, a touché 1,39 million de dollars. Michael Panzeri, vice-président principal à la production, a reçu 1,69 million de dollars.

Comment les actionnaires peuvent-ils récompenser les cadres supérieurs pour avoir échoué? En raison du « BS corporatif ». Comme de nombreuses entreprises canadiennes qui ne sont pas compétitives sur le marché mondial, Algoma Steel est gardé à flot par des plans de sauvetage, des subventions et des prêts garantis par le gouvernement – mesures toujours justifiées en prétendant que ces dépenses protègeront les emplois. En septembre 2025, les gouvernements fédéral et ontarien ont soutenu Algoma Steel avec des garanties de prêt de 500 millions de dollars pour faire face aux tarifs américains. Bien entendu, cet argent n’a pas servi à payer des salaires.

En fait, depuis 1992, Algoma a amassé plus de 1,3 milliard de dollars sous la forme de plans de sauvetage et de subventions du gouvernement. Pendant la même période, la compagnie a réduit sa main-d’œuvre de 6000 à moins de 2000 employés aujourd’hui. En conséquence, Sault-Sainte-Marie connaît une hausse de la pauvreté, les banques alimentaires fonctionnent au maximum de leur capacité et l’itinérance atteint un niveau deux fois supérieur à la moyenne provinciale.

Le gouvernement fédéral avait fait miroiter l’espoir que 500 des travailleurs licenciés d’Algoma Steel puissent retrouver leurs emplois d’ici la fin de l’année, si l’usine réussissait à conclure une entente avec l’entreprise sud-coréenne de construction navale Hanwha Ocean, pour la construction de sous-marins pour la Marine canadienne. Mais maintenant, même ce faible espoir s’est éteint.

Les capitalistes justifient leurs salaires juteux en affirmant que, puisqu’ils prennent tous les risques, ils devraient en récolter les fruits. Mais le risque n’existe pas pour les capitalistes qui savent que le gouvernement renflouera leurs coffres quoi qu’il arrive. À la place, ce sont les travailleurs et leurs communautés qui assument tous les risques liés aux échecs de leurs patrons.

Qu’on en finisse avec l’aide financière aux patrons! Ces parasites s’enrichissent sur le dos du public et ne sont d’aucune utilité. Nous devons nationaliser Algoma Steel dans le cadre d’un plan de production socialiste qui permettra de remplir les besoins de la société et de protéger nos emplois et nos communautés.