
Selon le journal The Guardian, le bombardement de Beyrouth par Israël le 8 avril a constitué « les dix minutes les plus meurtrières depuis des décennies ».
Le jour même où le premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif annonçait un cessez-le-feu « sur tous les fronts », le régime sioniste a perpétré le massacre le plus meurtrier au Liban depuis la guerre civile de 1975-1990.
Un massacre
Dans ce bombardement indiscriminé visant des quartiers densément peuplés dans la capitale libanaise, Israël a tué plus de 300 personnes et en a blessé au moins 1165 de plus. Le bilan ne cesse de s’alourdir alors que les équipes médicales et de secours continuent de sortir les corps des décombres.
Les frappes aériennes ont submergé le système de santé de la ville. Un médecin urgentiste a décrit un flot incessant d’enfants mutilés qui affluaient, sans parent, par ambulance : « Le plus jeune avait 11 mois. J’ai dû l’opérer simplement pour réduire la pression dans son crâne. »
Le régime israélien, soutenu par l’impérialisme américain, a justifié cette attaque en affirmant qu’elle « visait le Hezbollah ». Une victime du bombardement a déclaré au Guardian : « Il n’y a pas de Hezbollah ici. Les Israéliens prennent simplement plaisir à bombarder les gens. Ça n’a rien à voir avec le Hezbollah. »
Comme à Gaza et en Iran, la campagne de bombardements sioniste ne vise pas des « cibles militaires ». Elle a pour but de terroriser la population et de détruire les infrastructures qui permettent un semblant de vie civilisée.
Vol de terres
Le bombardement de Beyrouth n’est que la dernière atrocité commise par Israël. Après trois ans d’un génocide qui a fait plus de 75 000 morts et près de 200 000 blessés, Gaza est aujourd’hui un véritable enfer. C’est une prison en ruines où vivent plus de deux millions de personnes, le tout grâce aux bombes et aux dollars américains.
Trois jours après le début de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, Israël a lancé une invasion terrestre au Liban. Cette attaque a provoqué la migration forcée de 1,2 million de personnes, soit 20% de la population libanaise. Les sionistes voient dans cette guerre l’occasion de s’emparer de terres dans le sud du Liban, un territoire qu’ils ont occupé pendant 18 ans avant d’en être chassés par la résistance libanaise en 2000.
Le mois dernier, le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich, a déclaré qu’Israël devait s’emparer du territoire libanais jusqu’au fleuve Litani. Le ministre de la Défense, Israel Katz, a renchéri sur cette opinion.
Cela reviendrait à s’emparer d’environ 1200 kilomètres carrés, soit près de 10% du territoire national libanais. Fervent défenseur de l’idée du « Grand Israël », Smotrich appelle en substance à une nouvelle Nakba financée par les États-Unis, cette fois-ci dans le sud du Liban.
D’autres sionistes font davantage attention à ne pas exprimer à voix haute ce qu’ils pensent tous tout bas. Dans un article publié par le Washington Institute for Near East Policy, un groupe de réflexion pro-israélien, le général de brigade de réserve de l’armée israélienne Assaf Orion met en garde contre le fait d’« attiser le discours sur le Grand Israël ». Il suggère de dissimuler ce vol éhonté de terres sous le prétexte de « désarmer le Hezbollah » et de « créer une zone de sécurité autour d’Israël ».
« Le modèle de Gaza »
Orion poursuit en présentant la stratégie des chefs de l’armée israélienne pour cette incursion. Elle est à en glacer le sang :
« La mise en place de la zone de sécurité entraînera de la destruction massive dans la chaîne de villages libanais les plus proches de la frontière, à l’exception des communautés chrétiennes (les villages druzes seront probablement aussi épargnés). L’armée israélienne a précisé que ces villages ne seront pas entièrement détruits, mais que seules les infrastructures terroristes qui y seront découvertes seront visées, l’objectif étant d’empêcher le Hezbollah ou d’autres acteurs d’utiliser ces villages pour mener des attaques transfrontalières. Toutefois, compte tenu des diverses déclarations israéliennes et du modèle de Gaza qui a inspiré l’opération au Liban, la réalisation de cet objectif exigera probablement, dans certains cas, le recours à des méthodes de “terre brûlée”. »
Le « modèle de Gaza », auquel Orion fait nonchalamment référence, désigne le bombardement indiscriminé et le génocide de toute une population. Au cas où cela ne serait pas clair, Orion insiste : « Israël […] rasera massivement des bâtiments [dans le sud du Liban] pour empêcher le Hezbollah d’utiliser à nouveau les infrastructures frontalières à des fins terroristes. Cela exigera également d’empêcher les habitants de retourner dans ces villages ou de les reconstruire. Du moins jusqu’à ce que d’autres dispositions soient prises avec le gouvernement libanais. »
L’armée israélienne donne un soutien majeur aux colons d’extrême droite dans les territoires palestiniens occupés et sur le plateau du Golan. Dire que la population libanaise ne pourra pas retourner chez elle tant que « d’autres dispositions » n’auront pas été prises n’est qu’une façon cynique de justifier une opération qui ouvrira la voie aux colons fanatiques et génocidaires, dont l’objectif est de chasser la population du sud du Liban.
Les États-Unis et leur régime fantoche israélien sont les plus grands terroristes au Moyen-Orient. Leurs crimes de guerre sont innombrables et leurs ambitions, génocidaires. Une défaite totale et écrasante de ces réactionnaires serait une grande victoire pour la classe ouvrière du monde entier.
C’est pourquoi les communistes se rangent sans réserve aux côtés des peuples du Liban, de la Palestine, de l’Iran et de tout le Moyen-Orient dans leur lutte contre l’impérialisme américain et israélien.
À bas l’impérialisme israélien et américain!
Les États-Unis hors du Moyen-Orient!