L’hypocrisie de la mairesse de Montréal sur la police

Le scandale des 16 policiers racistes dans Montréal-Nord n’est que la pointe de l’iceberg des problèmes systémiques au SPVM.
  • Vincent R. Beaudoin et Simon Berger
  • lun. 20 juill. 2026
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Le scandale des 16 policiers racistes dans Montréal-Nord n’est que la pointe de l’iceberg des problèmes systémiques au SPVM.

Nous avons récemment reçu deux contributions sur le sujet.


Interdire aux citoyens d’insulter les policiers?

« Dans la foulée du scandale de racisme ahurissant au sein de la police de Montréal, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, maintient son soutien à la mise en place d’un règlement pour interdire aux citoyens d’insulter les policiers. 

Ce règlement aurait été commode pour les policiers lorsque les manifestants dans Montréal-Nord scandaient “Police raciste, système complice” pour dénoncer le racisme policier. Il constituera également un bel atout pour casser la prochaine manif anticapitaliste qui osera chanter “Police partout, justice nulle part”. 

Il y a toutefois un autre avantage à ce règlement pour la mairie, pécuniaire cette fois : en vertu d’un règlement similaire, la police de Québec a remis 11 092 amendes au cours des six dernières années, pour un total de 1,7 million de dollars. Il y a de quoi saliver. Soraya pourra enfin acheter de nouveaux bâtons télescopiques dernier cri à ses agents. »

– Vincent B, Montréal, QC


Interdire les interpellations aléatoires pour régler le racisme policier? 

« Le 19 juin, la mairesse de Montréal Soraya Martinez Ferrada a dit que son mari était victime de profilage racial. Elle se positionne en faveur d’une enquête publique sur le SVPM. Mais comme nous l’avons déjà expliqué, le racisme policier est déjà très bien documenté. Au mieux, cette enquête étoffera ce que l’on sait déjà.

Mais la mairesse propose autre chose : un moratoire sur les interpellations aléatoires. Une interpellation aléatoire, c’est une interpellation « qui ne soit pas justifiée par l’enquête d’un crime spécifique ou par le soupçon raisonnable d’une activité illégale ». Autrement dit, c’est quand un policier va questionner quelqu’un et contrôler son identité dans la rue sans raison particulière. En pratique, la police utilise les interpellations aléatoires pour harceler les Noirs et autres minorités visibles, particulièrement les jeunes.

Il faut souligner que ce sont les interpellations aléatoires qu’on propose d’interdire, c’est-à-dire sans motif précis. Cela signifie que les interpellations motivées par un « soupçon raisonnable » demeureraient permises. 

Mais qui détermine ce qui est raisonnable ou pas? Le policier bien sûr. Un juge pourrait en décider autrement par la suite. Encore faut-il que le policier récolte l’information nécessaire à propos de son interpellation. 

Et même s’ils le faisaient, les policiers racistes trafiquent leurs rapports. Par exemple, une vidéo a récemment fait surface montrant un policier de Montréal-Nord agresser gratuitement un jeune homme noir. Ce policier a-t-il inscrit dans son rapport « Raison de l’arrestation : je déteste les Noirs, donc je l’ai frappé. »?

C’est sans compter le fait que le racisme policier se manifeste à l’extérieur des interpellations. Par exemple, le policier ayant tué l’adolescent Nooran Rezayi à Longueuil en septembre 2025 répondait à un appel au 911.

Nous sommes en faveur de toute réforme qui peut limiter les abus du pouvoir en place et protéger les droits des individus. Mais force est de constater que l’interdiction des interpellations ne changera pas fondamentalement les choses. Les policiers trouveront une manière de justifier leurs interventions racistes, et échapperont à la surveillance.

Aucune règle ne peut réellement mettre fin au racisme policier, car il tire ses racines du système lui-même. Le capitalisme a besoin de trouver des boucs émissaires pour dévier l’attention des injustices du système. Le racisme sert aussi à justifier pourquoi certaines communautés sont maintenues dans la pauvreté, alors qu’il s’agit d’une faute du système. Bien entendu, les organes responsables de défendre cet ordre capitaliste deviennent gangrenés par le racisme. La solution est d’arracher le mal à la racine en renversant le capitalisme et en créant une société juste et équitable pour tous, le socialisme. »

– Simon B, Montréal, QC