Nous sommes pauvres parce qu’ils sont riches

Au Canada, alors que des millions de travailleurs s’enfoncent dans la pauvreté, une poignée de milliardaires accumule des richesses obscènes. Cette situation n’est pas une fatalité : c’est le produit du capitalisme, qu’il faut renverser.

  • Holly Quilty
  • jeu. 28 août 2025
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Yacht à 500 millions de dollars de Jeff Bezos. Photo : Conmat13/Wikimedia Commons

Après avoir travaillé dur toute la semaine, vous rentrez chez vous et essayez de trouvez comment payer vos factures et mettre de la nourriture sur la table avec votre maigre salaire. Chaque mois, vous arrivez à peine à payer votre loyer. Chaque année, il devient de plus en plus difficile de survivre.

Il s’agit de la réalité d’aujourd’hui pour des millions de personnes, tel que le révèle un nouveau sondage de H&R Block. Selon ce sondage, 51% des Canadiens affirment avoir de la difficulté à joindre les deux bouts. De plus, 85% estiment que vivre d’un chèque de paie à l’autre est la nouvelle norme, contre 60% l’année dernière.

Le coût des biens de première nécessité a explosé, écrasant les gens ordinaires. Depuis les années 70, les prix de l’immobilier ont augmenté de près de 400%, tandis que le revenu réel a augmenté de moins de 200%. Les prix des denrées alimentaires ont également grimpé en flèche. Rien qu’en 2022, ils ont augmenté de plus de 10%. Et on prévoit une nouvelle hausse de 5% cette année.

Et alors que ceux qui ont un emploi ont du mal à faire face au coût de la vie, certains n’ont même pas le privilège d’être exploités. Aujourd’hui, 6,9% de la population est au chômage, contre 5,7% au début de l’année dernière. Des licenciements massifs ont eu lieu dans des secteurs tels que l’industrie automobile.

Les résultats sont désastreux. Au Canada, 3,8 millions de personnes vivent sous le seuil de la pauvreté. Un pourcentage choquant de 20% de la population doit sauter des repas. Les files d’attente devant les banques alimentaires et les campements de fortune parsèment désormais les centre-villes aux quatre coins du pays.

Les riches s’enrichissent

Il est évident que quelque chose cloche, d’autant plus que, tandis que la majorité souffre, les riches vivent dans une opulence écœurante. Nous connaissons tous les histoires de manoirs et de toilettes en or, de jets privés et de voyages spatiaux pour milliardaires. L’un des exemples les plus révoltants est celui de Jeff Bezos, qui a récemment acheté un méga yacht pour 100 millions de dollars… comme navire de soutien pour son méga yacht de 500 millions de dollars.

Au Canada, les inégalités ont atteint un niveau historique, selon un nouveau rapport de Statistique Canada. Les 20% les plus riches détiennent désormais 64,7% de toute la richesse, tandis que les 40% les plus pauvres n’en détiennent que 3,3%.

Et les riches continuent de s’enrichir; l’écart de richesse se creuse rapidement. Le rapport explique également qu’au cours de l’année écoulée, les 20% les plus riches ont vu leurs revenus salariaux augmenter de 4,7% et leurs revenus d’investissement de 7,4%. Parallèlement, les 20% les plus pauvres ont vu leurs salaires diminuer.

Et il ne s’agit là que des 20% les plus riches, qui possèdent en moyenne 3,3 millions de dollars. Si l’on se concentre sur les super-riches, le tableau est encore plus frappant.

Oxfam estime qu’au Canada, un nouveau milliardaire apparaît toutes les 12 semaines. Le Canada compte désormais 76 milliardaires. Et l’année dernière, la fortune des milliardaires canadiens s’élevait à plus de 496,7 milliards de dollars américains. La fortune des milliardaires a augmenté de 190,3 milliards de dollars depuis 2019, dont 113,4 milliards rien qu’en 2024.

Être riche à ce point est presque incompréhensible, mais Oxfam a tenté de l’illustrer : « La fortune des milliardaires canadiens pourrait facilement recouvrir la majeure partie de Vancouver de billets de 50 dollars canadiens. »

La classe dirigeante

Les inégalités se creusent depuis des décennies. Le niveau de vie est en chute libre depuis la fin du boom de l’après-guerre dans les années 1970.

Depuis lors, la classe capitaliste a mené une lutte des classes impitoyable pour réduire les salaires et détériorer les conditions de travail, afin de compenser la baisse des marges de profit et la saturation du marché.

Et le gouvernement l’a aidé à le faire. Pendant des décennies, les coupes dans les services sociaux et les salaires ont été la norme, alors que les entreprises ont reçu des réductions d’impôts et des subventions. À chaque fois que les travailleurs osent riposter, le gouvernement écrase la grève de manière antidémocratique, comme il a tenté de le faire avec les travailleurs d’Air Canada le 15 août dernier.

En effet, le gouvernement sert ouvertement les riches. Mark Carney, par exemple, a adopté une « politique de portes ouvertes » à l’égard des chefs d’entreprises. Un dirigeant du Conseil canadien des affaires a même déclaré qu’il « n’arrivait pas à répondre à toutes les invitations » à rencontrer le gouvernement. Quel travailleur peut affirmer que la porte du premier ministre lui est ouverte?

C’est parce que le pouvoir politique découle du pouvoir économique. Les capitalistes contrôlent tout ce qui concerne le moment et la manière dont la production a lieu. Grâce à ce pouvoir, ils contrôlent le gouvernement et les politiciens, et ont mis en place un appareil d’État finement réglé pour les servir.

C’est ce qui fait d’eux la classe dirigeante : ils sont la classe dominante sur le plan économique, possèdent presque tout, contrôlent presque tout et utilisent leur pouvoir pour s’enrichir à nos dépens.

Les fossoyeurs du capitalisme

Tout cela est dans la nature même du capitalisme. Nous, la classe ouvrière, accomplissons tout le véritable travail dans la société. Notre travail est la source de toute nouvelle richesse. Pourtant, le produit de notre travail est accaparé par un patron capitaliste. Notre travail enrichit la classe capitaliste, et non nous-mêmes. Leur richesse ne cesse de croître, tandis que nous restons pauvres. Comme Marx l’a résumé : 

L’accumulation de richesses à un pôle signifie donc en même temps à l’autre pôle une accumulation de misère, de torture à la tâche, d’esclavage, d’ignorance, de brutalité et de dégradation morale.

C’est pourquoi les communistes luttent pour mettre fin au système capitaliste. Il est temps qu’il soit renversé. Comme l’a expliqué Marx, le capitalisme crée les conditions de sa propre destruction. 

La recherche incessante du profit sous le capitalisme a entraîné une croissance exponentielle de la production. La société dispose désormais de la richesse nécessaire pour répondre aux besoins de chacun. La richesse totale du Canada s’élève à 1910 milliards de dollars. Répartie équitablement, cela représenterait 460 000 dollars par personne, soit plus que suffisant pour garantir un bon niveau de vie.

Nous devons nous approprier cette richesse, placer l’économie sous le contrôle démocratique des travailleurs et la planifier de manière à répondre aux besoins du plus grand nombre, et non d’une minorité.

Le capitalisme a également créé la force qui accomplira cette tâche : la classe ouvrière, que Marx appelait les « fossoyeurs » du capitalisme.

La classe ouvrière représente la grande majorité de la population et est responsable de toute la production à grande échelle. Cela nous confère un pouvoir immense. En refusant de travailler, nous pouvons paralyser l’économie. Grâce à cette arme, nous pouvons mener une révolution et mettre fin au capitalisme.