Pessamit VS Hydro-Québec : les Innus remportent un référendum scandaleux

Le 2 juillet dernier, les Pessamiulut, membres de la nation innue, ont appris l’existence de l’entente « Aishkat », entre leur conseil de bande et Hydro-Québec, avec l’approbation du gouvernement provincial, pour l’exploitation de leurs terres ancestrales. Le lendemain, ils apprenaient qu’ils devraient se prononcer sur ce document de 42 pages le 12 juillet… à moins de […]
  • Van E. HZ, Montréal
  • jeu. 27 août 2026
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Le 2 juillet dernier, les Pessamiulut, membres de la nation innue, ont appris l’existence de l’entente « Aishkat », entre leur conseil de bande et Hydro-Québec, avec l’approbation du gouvernement provincial, pour l’exploitation de leurs terres ancestrales.

Le lendemain, ils apprenaient qu’ils devraient se prononcer sur ce document de 42 pages le 12 juillet… à moins de 10 jours de préavis. L’entente aurait été en vigueur pour les 50 prochaines années. 

La communauté, toutefois, a la mémoire longue. Ce manque de respect de la part des gouvernements fédéraux, provinciaux et des grandes entreprises n’est pas nouveau. Elle se souvient des 16 barrages hydroélectriques et 13 centrales que la société d’État a construit, au cours des dernières décennies, contre la volonté des habitants du territoire.

De plus, cachée derrière les promesses de « réparations » et de compensations pour les « dommages du passé », se trouvait la condition de s’abstenir de toute forme de protestation contre les futurs projets d’Hydro-Québec, et d’y participer. Mais les affronts passés sont réels, et leur réparation n’est pas conditionnelle.

Cette entente, dont le camp du « oui » était porté par le chef de bande, était donc un moyen à peine caché d’enchaîner économiquement la communauté à Hydro-Québec. La fausse promesse de 7 milliards qu’agitait le camp du oui était conditionnelle à de potentiels projets futurs, selon des modalités de paiement incompréhensibles. Les retombées garanties, sur 50 ans, étaient plutôt de 2,5 milliards.

Les militants du « non » ont d’ailleurs clairement exprimé qu’ils ne sont pas contre le développement économique, mais qu’ils veulent que celui-ci profite réellement à l’ensemble de la communauté. Ceci exprime un instinct de classe : que le développement de nos communautés ne dépende pas de principes économiques abstraits, comme c’est toujours le cas dans les économies de marché, mais des besoins humains réels.

Dimanche, le 12 juillet, les Pessamiulut ont voté « non » à 63% au projet « Aishkat ». Leur mobilisation d’urgence témoigne d’une grande combativité–et la solidarité des allochtones montrent un éveil de classe et pourraient faire le pont avec d’autres luttes actuelles.

Par exemple, le blocage du chemin Parent, en Haute-Mauricie, bloque l’exploitation forestière qui a cours sans consultation des communautés. Il dure depuis l’été dernier et compte sur des dons de sympathisants de toutes origines. C’est un exemple concret de solidarité de classe. La lutte peut et doit être étendue!