
Cet article est l’éditorial du 8e numéro de la revue théorique Défense du marxisme, parue en mars 2026.
Au même titre que la théorie de l’impérialisme de Lénine, la théorie de la révolution permanente est l’une des plus importantes contributions au marxisme depuis la mort de Marx et Engels. C’est donc avec une fierté que nous publions, dans ce numéro de Défense du marxisme, une série d’articles qui abordent ce concept en profondeur.
Utilisée pour la première fois par Marx en 1850, l’expression « révolution permanente » est désormais associée au nom de Léon Trotsky, qui a développé cette théorie dans le sillage de la Révolution russe de 1905.
En conséquence, toute discussion portant sur la révolution permanente mène à la question de ce qu’on appelle le « trotskysme ». Qu’est-ce que le trotskysme ? Et quelle est sa pertinence aujourd’hui, 85 ans après l’assassinat de Trotsky ?
La vérité est concrète
On présente souvent le trotskysme comme un anti-stalinisme. Cependant, cette seule caractérisation convient à toutes sortes de tendances politiques, dont la plupart n’ont rien à voir avec les idées de Trotsky.
Le contenu réel du trotskysme ne réside pas dans son opposition au stalinisme, mais dans ce qu’il développe positivement. Toute analyse de ce qu’est le trotskysme doit donc partir des principes fondamentaux qui ont dominé la vie de Trotsky comme révolutionnaire.
Le premier et le plus fondamental de ces principes concerne la méthode philosophique du marxisme : la dialectique. Comme il l’écrivait en 1939 :
« L’éducation dialectique de la pensée est aussi nécessaire à une politique révolutionnaire que les gammes pour le pianiste, car elle nous contraint à aborder tous les problèmes en tant que processus et non en tant que catégories immuables. »1
En politique comme dans la vie, nous sommes habitués aux idées telles que « la démocratie », « la dictature », « le capitalisme », « le socialisme », etc. En outre, la théorie marxiste a développé son propre vocabulaire scientifique, correspondant à des concepts plus précis, comme « la révolution bourgeoise », « l’Etat ouvrier », « le bonapartisme » et bien d’autres.
Toutes ces catégories sont tirées de la réalité et nous fournissent de précieux outils pour comprendre la société telle qu’elle se développe. Cependant, dans la mesure où chacune de ces catégories ne concerne qu’un aspect particulier des phénomènes, elle a nécessairement un aspect relativement abstrait – au regard de la réalité vivante, qui est extrêmement riche et complexe.
Prenons la catégorie de « capitalisme », que tout le monde connaît. Aujourd’hui, la quasi-totalité des économies de la planète peuvent être rangées dans cette catégorie : capitalistes. Par ailleurs, la plupart des gens seraient d’accord pour dire que tous les Etats capitalistes ont un certain nombre de caractéristiques communes, et sont sujets à des lois ou tendances communes.
Pour autant, pouvons-nous en conclure que toutes les économies capitalistes sont identiques, de sorte que toutes se développent exactement de la même façon et au même rythme ? Et si une société donnée ne correspond pas au schéma général de notre conception théorique du capitalisme, cela signifie-t-il qu’elle ne peut pas être capitaliste ?
Raisonner de cette façon, c’est tomber dans le piège du formalisme, qui consiste à partir de catégories et de définitions générales pour en déduire des conclusions particulières, puis de chercher à plaquer celles-ci sur les faits observés. Cette approche est fréquente en politique, et elle mène souvent à de sérieuses erreurs.
En réalité, contrairement à nos idées et catégories, rien n’est jamais statique et isolé. Toutes les choses sont interconnectées et engagées dans un processus de changement constant, au cours duquel elles se transforment en leur contraire : la matière inanimée devient matière vivante, la stabilité se transforme en crise, le progrès en déclin… et vice versa.
La logique dialectique est l’outil le plus puissant que les êtres humains aient développé pour traduire cette réalité en pensée. Elle donne à nos concepts et à nos catégories un caractère flexible et concret qui nous permet d’en faire un guide pour l’action. Comme l’écrivait Trotsky :
« La pensée dialectique est à la pensée vulgaire ce que le cinéma est à la photographie. Le cinéma ne rejette pas la photo, mais en combine une série selon les lois du mouvement. »2
Dans les écrits et discours de Trotsky, il y a toujours un élément de polémique contre toute forme de formalisme, de schématisme et de répétition de formules toutes faites.
L’analyse dialectique
En 1906, près de 20 ans avant les débats avec Staline, Trotsky mena une lutte contre la théorie des « étapes » que défendait l’aile menchevique de la social-démocratie russe.
Les mencheviks partaient du principe – accepté par tous les marxistes, à l’époque – qu’une « révolution bourgeoise » était à l’ordre du jour en Russie. Mais ils en concluaient que la bourgeoisie russe devait d’abord faire advenir une démocratie capitaliste semblable à celles des pays occidentaux. C’est seulement après une certaine période de développement capitaliste que la Russie deviendrait mure pour une révolution socialiste.
Comme l’expliquait Trotsky, ce raisonnement était complètement étranger à la méthode de Marx et Engels. Il fallait analyser concrètement les véritables forces et intérêts des différentes classes en présence en Russie, à cette époque. Le résultat de cette analyse dialectique fut la théorie de la révolution permanente.
Trotsky expliquait que la bourgeoisie russe n’avait aucun intérêt à renverser le tsarisme et les propriétaires terriens. Par conséquent, la révolution démocratique bourgeoise ne pouvait être parachevée que par la conquête du pouvoir par la classe ouvrière, alliée à la paysannerie. Mais ce faisant, la classe ouvrière ne se limiterait pas à établir une république bourgeoise. La révolution bourgeoise se transformerait immédiatement en une révolution socialiste.
Cette théorie de Trotsky fut totalement confirmée par l’expérience de la Révolution russe et la conquête du pouvoir par les soviets en octobre 1917. Depuis, la logique de la révolution permanente s’est manifestée dans de nombreuses révolutions à travers le monde : du Vietnam au Venezuela en passant par la Syrie, le Soudan – et tant d’autres exemples.
Défense du marxisme
Trotsky mena la même lutte contre les héritiers autoproclamés de Lénine, dont Staline et Boukharine, qui combinaient une adaptation étroite aux « faits » et une conception extrêmement formaliste, scolastique, de la théorie marxiste.
« Celui qui opère dans le domaine de la théorie à l’aide de catégories abstraites est condamné à capituler aveuglément devant les faits », prévenait Trotsky.3
A l’automne 1924, en plein reflux de la vague révolutionnaire ayant suivi la Première Guerre mondiale, Staline annonça la toute nouvelle théorie du « socialisme dans un seul pays ». D’après cette théorie, l’URSS pouvait construire le nouvel ordre socialiste à l’intérieur de ses frontières, sans que la classe ouvrière n’ait à prendre le pouvoir dans les pays capitalistes avancés.
Trotsky, qui s’opposait à cette révision de l’un des principes fondamentaux du marxisme, fut accusé de « pessimisme », comme si sa position impliquait que la révolution était « vouée à l’échec ». Staline affirmait que si le socialisme ne pouvait pas être construit en Russie, alors « il ne fallait pas prendre le pouvoir en octobre 1917 ».4
Ce faisant, Staline et ses alliés renouaient avec toute l’argumentation des mencheviks. Le raisonnement formaliste de ces derniers aboutissait à la conclusion que les travailleurs russes n’auraient pas dû prendre le pouvoir ; de leur côté, les staliniens renversaient simplement cette logique : puisque les travailleurs russes avaient pris le pouvoir, ils devaient être capables de construire le socialisme dans les frontières de l’URSS.
Cette méthode menchevique ne pouvait déboucher que sur une politique menchevique. Staline et consorts ordonnèrent aux communistes chinois de se soumettre à la discipline d’un parti nationaliste bourgeois, le Kuomintang, puisqu’une « révolution nationale-bourgeoise » était à l’ordre du jour en Chine.
Cette approche provoqua une série de défaites et de crises en Russie comme à l’étranger. Même lorsque le gouvernement soviétique bifurqua brusquement en 1928, son formalisme demeura inchangé.
La lamentable théorie du « social-fascisme » en fut la preuve la plus accablante. Partant du fait général que les fascistes et les sociaux-démocrates défendent le capitalisme, cette théorie en concluait que la social-démocratie était « l’aile modérée » du fascisme. La social-démocratie fut même qualifiée de « principal pilier de la dictature du capital ».
La conséquence pratique de cette soi-disant « théorie » fut la division et la paralysie de la classe ouvrière allemande – et donc la victoire de Hitler.
Une fois de plus, l’Internationale Communiste dut changer de cap. Mais chaque virage s’accompagnait d’une nouvelle révision du marxisme, avec son lot de « citations » de Lénine sorties de leur contexte et torturées afin de démontrer que la direction avait eu raison « en général » – à la fois avant et après le « tournant ».
Une « rééducation » des rangs du parti était alors menée à coups d’insultes, d’expulsions et même de meurtres. Tout ceci déboucha sur l’éradication de toute pensée marxiste dans les rangs de l’Internationale Communiste, mais aussi de toute pensée en général, au profit d’une adhésion servile à la « ligne du parti ».
L’opposition de Trotsky à ces idées ne découlait pas simplement de désaccords sur la politique du gouvernement soviétique, et moins encore d’une aspiration personnelle au pouvoir. C’était une lutte pour défendre l’essence du marxisme lui-même.
Mais la lutte de Trotsky ne se limita pas à une défense du marxisme contre les staliniens. Il mena une lutte similaire contre ceux qui, par anti-stalinisme, s’étaient ralliés à la bannière de l’Opposition de Gauche internationale, mais sans avoir réellement absorbé les idées et les méthodes du marxisme.
Sous l’énorme pression de l’opinion publique bourgeoise, une partie des trotskystes, dans les pays occidentaux, s’opposèrent à la défense inconditionnelle de l’URSS promue par Trotsky au seuil de la Seconde Guerre mondiale. Ils expliquaient que l’URSS ne pouvait plus être considérée comme un Etat ouvrier du fait de la dictature féroce et de la politique réactionnaire de la bureaucratie stalinienne.
Certains des textes les plus remarquables de Trotsky, dans les dernières années de sa vie, furent consacrés non seulement à réfuter les renégats petits-bourgeois du marxisme, mais aussi à défendre avec force ses bases philosophiques. Au cours de ce débat, Trotsky donna une brillante leçon de dialectique :
« Les questions de sociologie seraient bien plus simples si les phénomènes sociaux avaient toujours des contours précis. Mais rien n’est plus dangereux que d’éliminer, en poursuivant la précision logique, les éléments qui contrarient dès maintenant nos schémas et peuvent demain les réfuter. […] La fin scientifique et politique que nous poursuivons nous interdit de donner une définition achevée d’un processus inachevé. Elle nous impose d’observer toutes les phases du phénomène, d’en faire ressortir les tendances progressistes et réactionnaires, de révéler leur interaction, de prévoir les diverses variantes du développement ultérieur et de trouver dans cette prévision un point d’appui pour l’action. »5
C’est cette méthode qui n’a jamais cessé de guider Trotsky tout au long de sa vie de révolutionnaire marxiste.

Les principes du bolchevisme
Dans les écrits et l’activité politique de Trotsky, on trouve une autre constante qui découle directement de sa méthode marxiste : c’est le renforcement de l’indépendance, de la conscience de classe et de l’internationalisme du prolétariat.
Après tout, quelle est la conclusion pratique de la théorie de la révolution permanente ? Elle réside en ceci que, partant des conditions objectives propres à chaque pays, tout communiste doit chercher à défendre l’indépendance politique du prolétariat, à développer sa conscience et son organisation, à l’orienter vers la conquête du pouvoir à la tête de tous les opprimés.
C’est aussi ce que Marx voulait dire lorsqu’il parlait de « révolution permanente ». Et ce sont ces prétendues « illusions révolutionnaires » qui furent attaquées sous le nom de « trotskysme » lorsque ce terme fut inventé, en 1907, par le libéral russe Pavel Milioukov.
C’était aussi le contenu politique fondamental de la lutte de Trotsky pour défendre les traditions du bolchevisme après la mort de Lénine.
Ce n’est pas un hasard si le terme « trotskysme » a commencé à être utilisé massivement après la mort de Lénine en janvier 1924. La bureaucratie émergente de l’Union Soviétique se détournait alors de la révolution mondiale et commençait à s’adapter à la fois aux couches les plus aisées de la paysannerie russe et au capitalisme étranger.
Dans ce contexte, Trotsky défendait le renforcement économique de la classe ouvrière en URSS, le renforcement politique des travailleurs au sein des soviets et dans le Parti Communiste lui-même, et enfin l’objectif stratégique d’étendre la révolution à l’échelle internationale. Ce n’était rien moins que la défense du programme fondamental du Parti bolchevik de 1917 – et des principes fondateurs de l’Union Soviétique.
C’est dans ce contexte que Staline, Zinoviev et Kamenev (la « troïka ») lancèrent une campagne frénétique contre le « trotskysme ». L’objectif était de créer une opposition artificielle entre les idées de Trotsky et celles de Lénine. A la fin de l’année 1924, la presse soviétique fut soudainement saturée d’articles qui prétendaient défendre le « léninisme » contre le « trotskysme ».
En réalité, il n’existait aucune opposition de cette sorte entre Trotsky et Lénine. En novembre 1917, Lénine a même déclaré qu’une fois que Trotsky eut rejeté l’idée d’une conciliation avec les mencheviks, « il n’y a pas eu de meilleur bolchevik ».6
Trotsky n’a jamais aimé le terme « trotskysme ». Il disait de la campagne contre le « trotskysme » qu’elle était « une lutte contre l’héritage idéologique de Lénine ». C’est pourquoi Trotsky et ses partisans se présentaient non comme des « trotskystes », mais comme des « bolcheviks-léninistes ».
Briser tous les obstacles
Il nous faut insister sur le fait qu’il ne s’agissait pas seulement d’une lutte intellectuelle. Les principes théoriques et politiques de Trotsky étaient organiquement liés à son indomptable détermination révolutionnaire – une détermination qui forme elle-même un élément essentiel du marxisme. Comme Trotsky l’écrivait :
« Il peut y avoir des révolutionnaires savants ou ignorants, intelligents ou médiocres. Mais il ne peut y avoir des révolutionnaires sans volonté de briser les obstacles ».7
Les communistes répètent souvent la profonde remarque de Lénine : « la doctrine de Marx est toute-puissante parce qu’elle est vraie. » Mais il faut en tirer toutes les conclusions pratiques. Le marxisme suppose non seulement de chercher et dire la vérité, mais aussi de faire ce qui en découle, quelles que soient les résistances et les difficultés. C’est de ce bois-là que sont faits les révolutionnaires.
Trotsky passa l’essentiel de sa vie en exil, pourchassé d’abord par les autorités tsaristes, puis par les staliniens. Les « démocraties » éclairées refusèrent de l’accueillir, et Trotsky fut contraint de se réfugier à l’autre bout du monde. Sa famille fut traquée, massacrée, et il vécut sous la menace constante d’un assassinat.
Il n’a jamais fléchi, même face aux pires pressions.
La même détermination s’est manifestée dans la vie de Marx et de bien d’autres révolutionnaires. Elle était au cœur de la lutte courageuse des membres de l’Opposition de Gauche en URSS : pendant les « Grandes purges », ils chantaient L’Internationale en marchant vers le peloton d’exécution. On retrouve cette détermination chez les milliers de bolcheviks-léninistes qui, aux quatre coins du monde, ont consacré leur vie à construire les forces du marxisme authentique, souvent sous la menace d’une répression brutale.
Contre le sectarisme
Chez Trotsky, la défense implacable des principes fondamentaux du bolchevisme n’a jamais dégénéré en sectarisme. Il a toujours compris la nécessité de lier le programme de la révolution socialiste à la lutte réelle et vivante des masses.
Trotsky liait explicitement la lutte contre le sectarisme politique à la lutte contre le formalisme théorique :
« Le sectaire a beau jurer par le marxisme dans toutes ses phrases, il est la négation directe du matérialisme dialectique, lequel trouve son point de départ dans l’expérience et y revient toujours. »8
Il s’efforçait d’éduquer dans cet esprit l’ensemble de la IVe Internationale. Dans son document fondateur, le Programme de transition, il fustigea le sectarisme dans les termes suivants :
« Un pont, sous la forme de revendications transitoires, n’est aucunement nécessaire à ces prophètes stériles, car ils ne se disposent nullement à passer sur l’autre rive. Ils piétinent sur place, se contentant de répéter les mêmes abstractions vides. Les événements politiques sont pour eux une occasion de faire des commentaires, mais non d’agir. Comme les sectaires, de même que les confusionnistes et les faiseurs de miracles de toutes sortes, reçoivent à chaque instant des chiquenaudes de la part de la réalité, ils vivent dans un état d’irritation continuelle, se plaignent sans cesse du “régime” et des “méthodes”, et s’adonnent aux petites intrigues. Dans leurs propres milieux, ils exercent d’ordinaire un régime de despotisme. »
Il conclut par un sévère avertissement :
« Celui qui ne cherche ni ne trouve la voie du mouvement des masses, celui-là n’est pas un combattant, mais un poids mort pour le Parti. Un programme n’est pas créé pour une rédaction, une salle de lecture ou un club de discussion, mais pour l’action révolutionnaire de millions d’hommes. L’épuration des rangs de la IVe Internationale du sectarisme et des sectaires incorrigibles est la plus importante condition des succès révolutionnaires. »
Tragiquement, Trotsky ne put mener cette lutte à son terme. Un agent stalinien priva la IVe Internationale de son dirigeant exceptionnel en le frappant lâchement derrière la tête, le 20 août 1940.
Les dirigeants qui héritèrent de l’Internationale émergèrent du chaos de la guerre dans un monde qui avait drastiquement changé. Sans les fermes conseils théoriques du « Vieux », aucun d’entre eux ne fut capable – en pensée comme en acte – de trouver la voie révolutionnaire dans la situation nouvelle qui venait de s’ouvrir.
Le résultat fut la dégénérescence de la IVe Internationale en une myriade de sectes insignifiantes qui passaient leur temps (et le passent encore) à se quereller entre elles. Ceci nous fournit une bonne occasion de dire ce que le trotskysme n’est pas.
Il n’y a pas une seule organisation se réclamant du nom de la IVe Internationale, aujourd’hui, qui défende les idées et méthodes authentiques de Trotsky. Elles en offrent une caricature pernicieuse, dont la seule contribution au mouvement a été de discréditer le nom de Trotsky dans de larges couches de la classe ouvrière.
L’héritage de Trotsky
La IVe Internationale a été détruite – mais pas l’essence du trotskysme, qui est le prolongement des idées authentiques du marxisme et des traditions du Parti bolchevik du temps de Lénine. Ces idées sont aussi pertinentes et nécessaires aujourd’hui qu’en 1938, lors de la fondation de la IVe Internationale.
A l’époque, Trotsky écrivait : « La crise historique de l’humanité se réduit à la crise de la direction révolutionnaire. » Cette idée est aussi juste aujourd’hui qu’elle l’était en 1938.
Le mouvement communiste international est dans un état de désorganisation totale. Nombre de partis « marxistes » auto-proclamés ont dégénéré en partis réformistes ou en sectes insignifiantes, quand ils n’ont pas simplement disparu de la scène politique. Pendant ce temps-là, des millions de personnes à travers le monde sont à la recherche de réponses – et pas seulement de réponses : ils cherchent un mouvement, une bannière à laquelle se rallier.
Le plus grand accomplissement de Trotsky fut de maintenir la bannière sans tache du marxisme, et de la hisser au milieu de toute l’horreur et toutes les apostasies auxquelles il dut faire face. C’est à nous, désormais, de saisir cette bannière et de construire le parti mondial de la révolution sociale – qui mènera, enfin, la classe ouvrière à la victoire.
- L. Trotsky, « L’opposition petite-bourgeoise dans le Socialist Workers Party », Défense du Marxisme ↩︎
- Ibid. ↩︎
- L. Trotsky, « Bonapartisme et fascisme » ↩︎
- J. Staline, Les problèmes du léninisme ↩︎
- L. Trotsky, La révolution trahie ↩︎
- L. Trotsky, « Le « testament » de Lénine » ↩︎
- L. Trotsky, « Lettre à Maurice Paz » ↩︎
- L. Trotsky, « Sectarisme, centrisme et IVe Internationale » ↩︎