Le 16 avril avait lieu une manif en soutien aux cols bleus de Montréal, qui sont en grève. La Ville leur offre un insultant 11% sur 5 ans, alors que les employés des autres municipalités ont reçu 22% en moyenne.
Valérie (nom fictif), une gréviste, m’a parlé des conditions de travail. Elle explique que, même avec le budget actuel, l’argent pour payer des bons salaires existe, mais il est constamment envoyé en sous-traitance à des compagnies privées qui sont soi-disant plus efficaces… Pourtant, les rues et les aqueducs restent pleins de trous. Et ces contrats sont toujours secrets. Sinon, on réaliserait très vite qu’ils coûtent excessivement chers – et qu’il y a souvent de la corruption là-dedans. Cela souligne qu’une demande essentielle est la vérification des livres comptables par les travailleurs, même dans le public. Il faut un contrôle ouvrier.
Un autre col bleu me raconte comment son contremaître lui demande toujours de « faire attention » à bien déneiger les rues… où vivent les conseillers d’arrondissement! Faut ce qu’il faut pour plaire aux haut placés dans l’administration.
Ils continuent à me parler de nombreux problèmes : machinerie désuète par manque d’investissement, les grands patrons ne comprennent rien à leur travail, l’usage exagéré de main-d’oeuvre temporaire…
Si les citoyens savaient tout ça, ils soutiendraient la lutte des cols bleus, affirme Valérie.
Une lueur d’espoir. Elle m’explique : « on a voté la GGI [grève générale illimitée] à l’automne et s’ils reculent pas, on est prêts à l’utiliser. »
Solidarité avec les cols bleus! Une victoire pour une partie de la classe ouvrière est une victoire pour toute la classe ouvrière.