Témoignage d’un communiste européen

Toute l’histoire que nous étudions au sein de l’ICR est désormais une réalité vivante, et c’est avec passion que nous partageons ces enseignements avec quiconque veut bien nous écouter.
  • Jahan N.
  • mer. 4 nov. 2026
Partager

Aujourd’hui, un camarade qui a participé aux manifestations du 17 octobre en France m’a dit qu’il n’avait jamais vu autant de ses amis et de ses voisins – dont la plupart, jusqu’à tout récemment, étaient apolitiques – aussi en colère et désireux de se mobiliser. Il faisait partie d’un groupe de 2000 manifestants qui, les mains nues et dans un incroyable accès de bravoure, ont chargé la police et ont ensuite été gazés et tabassés. La brutalité policière – le « fouet de la contre-révolution », comme le disait Marx – a rapidement transformé leur conscience. Alors que les médias français pleurnichent à propos des magasins Louis Vuitton vandalisés, ces manifestants ont vu le vrai visage de l’État. Pendant les manifestations, lorsqu’un soi-disant leader montait sur la tribune pour parler de quoi que ce soit d’autre que le renversement du gouvernement Macron, il n’était pas pris au sérieux. On le huait et on le chahutait pour qu’il laisse sa place à l’orateur suivant.

Ce camarade était en visite dans sa ville natale en France, mais est membre d’une cellule de l’ICR ici en Espagne. Nous avons discuté de la manière de gérer le nombre de personnes qui, en Espagne, dans le contexte des manifestations pour le logement, veulent rejoindre l’ICR. Toutes nos cellules au pays sont submergées par des personnes désirant rejoindre un parti révolutionnaire. Cette semaine, après avoir vu l’État capitaliste assassiner une vieille femme en envoyant la police l’évincer pour l’investisseur ayant racheté son logement, nous avons parlé avec plusieurs personnes lassées par les « groupes et dirigeants de gauche qui pratiquent un militantisme de façade » et les « organisations insuffisamment radicales ». À juste titre, ces personnes trouvent la situation urgente.

Certains ne sont pas encore prêts à s’engager pleinement dans la construction d’un parti – mais malgré tout, ils s’abonnent à notre journal et à notre magazine afin de nous soutenir. Beaucoup d’entre eux resteront en marge jusqu’à ce que la prochaine phase du mouvement clarifie leurs priorités. On assiste à un véritable engouement pour les idées marxistes radicales, alors que le système s’effondre de manière spectaculaire sous leurs yeux.

Nous avons également discuté de l’article « L’automne rouge européen » (page 6), qui montre que les dirigeants syndicaux réformistes s’efforcent avec ardeur de freiner le mouvement et de le maintenir dans les limites du capitalisme. Pourtant, la vague ne cesse de s’étendre à l’Italie, au Portugal, à l’Allemagne et à bien d’autres pays encore. De nombreux syndiqués défient leurs propres dirigeants pour participer au mouvement, défendre la jeunesse et continuer à faire pression sur leurs syndicats afin de les pousser à l’action.

Même si cette phase du mouvement finit par s’essouffler, je suis convaincu que trop de choses ont été révélées à une majorité de gens ici en Europe, et que les leçons ont été apprises. Une toute nouvelle couche de dirigeants révolutionnaires sérieux a déjà vu le jour au sein de ces luttes, et elle se forme en ce moment même au cœur de la guerre des classes. Ces gens rejoindront les partis révolutionnaires, remplaceront leurs dirigeants syndicaux et les mettront sans cesse à l’épreuve dans leur quête de réponses et de solutions.

Toute l’histoire que nous étudions au sein de l’ICR est désormais une réalité vivante, et c’est avec passion que nous partageons ces enseignements avec quiconque veut bien nous écouter.