Troisième congrès du PCR : Un parti à la hauteur de la tâche

Le vieil ordre mondial s’écroule et nous vivons une époque révolutionnaire. Des millions de gens entreront dans la lutte contre le système. Ce qui est requis, c’est un parti d’une taille suffisamment imposante et avec l’expérience nécessaire ainsi que la connaissance théorique pour guider les masses à travers la tempête des événements tumultueux qui s’annoncent.
  • Parti communiste révolutionnaire
  • jeu. 21 mai 2026
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À Toronto, pendant la longue fin de semaine du 16 au 18 mai, le Parti communiste révolutionnaire (PCR) a tenu son troisième congrès annuel. Au cœur d’une époque d’immenses bouleversements, les participants ont discuté de la profondeur de la crise du capitalisme et de la nécessité de construire un parti à la hauteur de la tâche imposée par l’histoire.

La salle bourdonnait d’excitation et de conversations tout au long des trois jours du congrès, ce qui reflétait le fait que le PCR a grossi de 716 à 890 membres au cours de la dernière année. Comme l’a dit Hélène Bissonnette, du comité exécutif : « Je sens que je suis devant un parti que je connais très bien, et aussi devant un nouveau parti que je ne connais pas du tout. » Avec des douzaines de nouveaux membres construisant des cellules du parti aux quatre coins du pays, l’avenir sourit aux forces du communisme au Canada!

Une époque de crise, d’instabilité et de révolution

L’année 2026 a beau n’être encore qu’à la mi-parcours, un diagnostic crève déjà les yeux : l’ordre mondial fondé sur l’hégémonie américaine est mort, et avec lui toute la stabilité qu’il procurait aux pays capitalistes occidentaux. C’est sur cette observation que Ben Curry, membre du Secrétariat international de l’Internationale communiste révolutionnaire (ICR), a introduit la première session.

Après avoir gouverné comme puissance impérialiste incontestée des décennies durant, l’empire américain est maintenant en déclin, mis au défi par la puissance économique montante et plus dynamique de la Chine ainsi que par la force militaire de la Russie. L’exemple le plus frappant du déclin de l’empire américain est sa débâcle absolue en Iran, qui a montré de façon saisissante qu’il ne peut plus se comporter comme la police du globe.

Les conséquences du déclin de l’ordre mondial dirigé par les États-Unis résident dans la dislocation économique et la crise politique qui éclatent partout à travers le monde. Le scandale Epstein a éclaboussé la classe dirigeante occidentale au grand complet, révélant aux yeux de tous que nous sommes gouvernés par des monstres dépravés. Les partis de l’establishment sont partout discrédités à la faveur d’outsiders politiques, pendant que des couches toujours plus larges de la classe ouvrière et de la jeunesse cherchent une solution de rechange.

Voilà le contexte qui explique le regain d’intérêt pour le communisme parmi une large couche de jeunes gens à travers tous les pays impérialistes occidentaux. Cela crée un énorme potentiel pour planter à nouveau le drapeau du communisme, et l’ICR est à la hauteur de la tâche!

Le Canada n’est pas immunisé

La deuxième session s’est ouverte avec une présentation de Joel Bergman, du comité exécutif, intitulée : « Le Canada et le nouvel ordre mondial ». La guerre commerciale en cours a mis une chose au clair : sa relation privilégiée avec les États-Unis n’est plus qu’un tendre souvenir pour la bourgeoisie canadienne.

Désespéré d’attirer les investisseurs et de maintenir la position du pays sur un échiquier impérialiste en pleine tourmente, Carney a commencé à saigner à blanc l’État-providence, à attaquer les syndicats, à piétiner les droits autochtones, à augmenter massivement les dépenses militaires et à déchirer les promesses creuses des libéraux en matière d’environnement. Dans ce chaos, les lignes de fracture au cœur de l’État canadien se font sentir avec une ardeur renouvelée, au point où celui-ci est maintenant menacé par la séparation de l’Alberta et du Québec. En somme, le vieux Canada que nous connaissions autrefois n’est plus.

Pourtant, bien que l’échec du capitalisme n’ait jamais été aussi évident, la gauche est embourbée dans un lamentable état de démoralisation. Cette faiblesse est d’abord idéologique. Ayant abandonné la perspective de renverser le capitalisme, la gauche accorde sa confiance à tout sauf la classe ouvrière. Les dirigeants syndicaux, les députés de QS et les pontes du NPD quémandent au mieux de tièdes réformes, au pire prétendent que la bataille est perdue d’avance.

Cela rend la perspective socialiste révolutionnaire plus importante que jamais. Des millions de gens sont radicalisés et cherchent des réponses, et notre objectif doit être de les rejoindre, de les éduquer, de les entraîner et de les unir dans un parti qui mènera la classe ouvrière à la victoire dans les batailles qui viennent.

Sommes-nous prêts?

Après la discussion sur les perspectives politiques, Julien Arseneau, du comité exécutif, a présenté la résolution organisationnelle qui avait précédemment été discutée dans près de 100 cellules du parti à travers le pays.

Julien a ouvert la séance en posant la question suivante : « Sommes-nous prêts? » Il a répondu en expliquant qu’ayant maintenu jusqu’ici notre clarté idéologique, nous sommes prêts. En fait, nous appartenons à l’internationale la plus idéologiquement unifiée de l’histoire. C’est là une conquête colossale. Mais des idées sans véhicule pour les transmettre à la classe ouvrière ne valent pas grand-chose. C’est pourquoi Julien a insisté sur le fait que, bien que nous ayons construit notre parti sur des fondations solides dans la période précédente – grossissant de 22% dans la dernière année –, nous sommes en fait bien trop petits pour jouer un rôle significatif dans la lutte des classes.

Comme l’explique la résolution : « Nous sommes un jeune parti qui doit élargir sa base de cadres trempés dans la théorie marxiste. Nous devons apprendre à lier le programme achevé du marxisme au mouvement réel et vivant des masses, et ainsi gagner en autorité auprès des travailleurs et des étudiants. Cela demande du temps et de l’expérience. Et en ce sens, nous ne sommes pas prêts. Telle est la contradiction qu’il faut résoudre. »

Julien a donné un cours intensif de construction du parti révolutionnaire, expliquant le rôle des révolutionnaires dans l’histoire et comment les traditions du bolchevisme constituent la seule méthode éprouvée pour construire un parti capable de mener les masses vers le pouvoir.

À la suite de cette session, Hugo, un jeune camarade de la cellule du PCR à l’UQAM, a remarqué : « C’est en écoutant la présentation de Julien sur l’organisation que j’ai finalement compris ce que signifie le bolchevisme. »

À cette présentation d’introduction a succédé une discussion remplie d’interventions réfléchies sur la construction du parti partout au Canada. Partout, de toutes nouvelles personnes prennent le parti en main. Dans cet état d’esprit, Louis, membre du PCR à Québec recruté au printemps, a expliqué que « dès la première rencontre, les nouveaux camarades doivent se voir comme des agents du changement ».

D’autres camarades ont fait écho à ce sentiment, que l’on voit à l’œuvre partout au pays. Jordan, qui a aidé à diriger deux cellules du parti à Abbotsford – une petite ville dans la Bible Belt de la Colombie-Britannique, qui n’a jamais connu d’organisation communiste dans son histoire – a avancé que « le Canada est plein d’Abbotsford ». Le fait est qu’avec de l’enthousiasme, nous pouvons construire n’importe où.

Le sentiment indéniable qui a émergé de cette discussion est une irrésistible détermination à construire le parti quoi qu’il en coûte. Eden, de Charlottetown à l’Île-du-Prince-Édouard, a résumé la mentalité des camarades, expliquant que les nouvelles recrues dans la ville comprennent que « la construction du parti est la tâche de leur vie ». Chacun des participants est sorti du congrès bien décidé à franchir la barre des 1000 communistes organisés d’ici la fin de l’année.

Le même niveau de détermination était visible dans la soirée de samedi, où les récentes avancées du parti ont été expliquées. Parmi celles-ci, l’on compte un nouvel organisateur à Toronto ainsi que de nouveaux techniciens à temps plein pour les réseaux sociaux, la distribution et la conception graphique du journal. Tout aussi important, avec des ventes de livres augmentant de 41%, l’exécutif du parti a annoncé l’embauche d’un nouvel organisateur pour la maison d’édition du parti.

Les participants du congrès ont répondu avec enthousiasme à ces avancées en atteignant un record de dons de 509 000 dollars, de même qu’une augmentation de 5100 dollars des cotisations mensuelles.

Montrant la détermination des camarades à s’élever au niveau de leaders marxistes, les ventes de littérature ont atteint 21 600 dollars, pour un total de 801 livres et livrets vendus – une augmentation de 10% par rapport au dernier congrès.

En avant vers les 1000 membres… et au-delà

Les camarades ont quitté le congrès imbus d’un sens du devoir renouvelé. Comme l’a expliqué Alice, de Halifax : « Sur un vol de sept heures du matin, après une longue fin de semaine, la plupart des gens semblent assez fatigués. Pas nos camarades, toutefois. En attendant l’embarquement, nous ne pouvions nous empêcher de poursuivre la discussion politique, partageant nos plans quant à la façon dont nous ramènerons les leçons et l’énergie du congrès à la maison. Nous plaisantions en disant que nous essayerions de nous asseoir ensemble pour avoir une séance de lecture et discuter de nos questions en plein vol. »

Un état d’esprit similaire était omniprésent tout au long du congrès : un sérieux envers les idées et une détermination à garder le cap et à surmonter tous les obstacles. Avec cette mentalité, nous sommes confiants que nous dépasserons la cible des 1000 membres dans les plus brefs délais. Cela nous rapprocherait considérablement des 2000, 5000 et 10 000 communistes organisés au Canada.

Le vieil ordre mondial s’écroule et nous vivons une époque révolutionnaire. Des millions de gens entreront dans la lutte contre le système. Ce qui est requis, c’est un parti d’une taille suffisamment imposante et avec l’expérience nécessaire ainsi que la connaissance théorique pour guider les masses à travers la tempête des événements tumultueux qui s’annoncent. Nous construisons un tel parti. Nous construisons le parti qui s’élèvera à la hauteur de la tâche imposée par l’histoire.