
L’annonce, au printemps dernier, des coupes budgétaires de Doug Ford dans le Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) a provoqué une explosion de colère. Cette colère ne cesse de grandir, surtout avec la rentrée et les étudiants qui subissent les conséquences directes de ces coupes.
Les syndicats étudiants ont maintenant commencé à appeler à des débrayages. Dans certains cas, ils appellent même à des grèves d’une journée le 5 novembre, dans le cadre d’une journée d’action annoncée par la section ontarienne de la Fédération canadienne des étudiants (CFS-O).
Le mouvement étudiant actuel en France montre l’énorme potentiel de la lutte contre Ford ici même. C’est pourquoi le PCR se mobilisera de toutes ses forces à travers la province pour cette journée d’action.
Paralysons les campus
Depuis le début, nous avons affirmé qu’il n’existe qu’un seul moyen de repousser les coupes dans le RAFEO : les dirigeants du mouvement étudiant doivent commencer à s’organiser énergiquement en vue d’une grève générale étudiante.
La journée d’action à l’échelle de la province est un excellent premier pas. En particulier, c’est un fait d’une importance considérable que certains syndicats étudiants locaux, comme ceux de YorkU et de l’Ontario College of Art & Design University (OCAD), organiseront des grèves d’une journée le 5 novembre. Mais à elles seules, ces actions ne suffiront pas à empêcher les coupes de Ford. Il faut que les dirigeants des syndicats étudiants de chaque campus fassent du 5 novembre non seulement une journée de protestation, mais une journée de grève qui paralysera les campus partout en Ontario. De plus, comme il est peu probable que Ford fasse marche arrière après une seule journée de grève, nous devons considérer le 5 novembre comme un tremplin vers une grève générale.
Pour la CFS-O, cela impliquerait de lancer un appel audacieux et ouvert à la grève, et d’annoncer une série d’actions pour faire escalader le mouvement et lui donner de l’élan. Pour les syndicats, cela nécessiterait d’organiser activement des campagnes d’éducation ainsi que des assemblées générales étudiantes pour discuter et voter sur la grève.
C’est ainsi que s’est construite la grève étudiante de 2012 au Québec, qui a mobilisé des centaines de milliers d’étudiants sur des piquets de grève combatifs sur tous les campus. Cette grève étudiante a même entraîné la chute du gouvernement provincial.
Luttons comme les Français!
À tous ceux qui prétendent qu’un tel mouvement est impossible aujourd’hui, nous répondons : regardez la France! En ce moment même, les lycéens nous montrent ce à quoi doit ressembler la lutte pour l’éducation.
Face au sous-financement chronique de l’éducation et au délabrement des infrastructures, ces élèves ont commencé à organiser des blocus pour paralyser leurs établissements. Les syndicats étudiants ont organisé des assemblées générales et appelé à des journées d’action nationales pour étendre la lutte.
Cela a ravivé le mouvement contre les politiques du gouvernement de Macron. Portée par la jeunesse, la dernière mobilisation contre Macron, le 17 octobre, a rassemblé 800 000 personnes. Aujourd’hui, les principaux syndicats ont lancé un appel à la grève générale (qui, par coïncidence, tombe le 5 novembre), ce qui fait escalader la lutte encore davantage.
La lutte des étudiants a puisé dans une colère plus profonde contre l’ordre établi capitaliste. Cette colère imprègne une très large couche de la société. C’est un phénomène que nous avons observé à maintes reprises ces dernières années, partout dans le monde : la jeunesse fournit l’étincelle à des mouvements de masse de la classe ouvrière. La haine brûlante envers le système qui les prive d’avenir pousse ces jeunes au premier plan des luttes les plus combatives. Et comme le montre le mouvement en France, une fois que ces jeunes passent à l’action, même la répression la plus brutale ne peut les arrêter.
Les étudiants français nous ont montré la voie : nous devons étendre le soulèvement étudiant ici.
Les mêmes conditions qui ont déclenché le mouvement en France existent également en Ontario. Il existe une colère profonde et généralisée contre le gouvernement Ford. Ses attaques contre la santé et l’éducation, ses subventions aux grandes entreprises et sa corruption flagrante ont provoqué l’indignation des travailleurs aussi bien que des étudiants. Dans de nombreuses villes, des manifestations contre Ford continuent d’être organisées chaque mois.
Une grève étudiante pourrait être l’étincelle qui transformera toute cette colère en un puissant mouvement de masse. Celui-ci ne s’arrêtera pas tant que Ford n’aura pas été renversé pour de bon.
À bas Doug Ford!
Luttons comme les Français!
Organisons la grève étudiante!