
Les conducteurs d’Uber de la région métropolitaine de Victoria ont ratifié la première convention collective pour les conducteurs d’applications de covoiturage au Canada, votant à 99% en faveur de celle-ci le 28 avril 2026. Elle couvre plus de 1000 travailleurs représentés par le Local 1518 des TUAC.
Pendant des années, les géants du covoiturage comme Uber prétendaient offrir liberté et flexibilité aux travailleurs en les classant comme « travailleurs autonomes » pour éviter d’avoir à se conformer aux lois du travail. Cependant, en septembre 2024, la Colombie-Britannique a officiellement reconnu les travailleurs à la demande (gig workers) d’applications de covoiturage comme des employés sous l’Employment Standards Act. Cette loi garantit un salaire horaire minimum, 100% des pourboires et l’assurance pour les accidents de travail à travers WorkSafeBC.
Mais ces protections légales élémentaires ne suffisent pas. Les conducteurs à temps plein n’ont pas obtenu de vacances, de jours fériés ni de journées de maladie, et ne sont pas admissibles à la majorité des lois sur la paie du temps supplémentaire. De plus, les protections sur le salaire minimum ne s’appliquent que pour le « temps engagé » – le temps durant lequel les conducteurs ont une demande de covoiturage active. Sussanne Skidmore, présidente de la Fédération du travail de la Colombie-Britannique, estime qu’environ 60% du temps que les conducteurs passent sur l’application est impayé, nombre d’entre eux passant plus de 10 heures par jour sur la route en attendant un passager.
La convention collective de quatre ans offre désormais des primes à l’embauche et des primes trimestrielles, des augmentations de frais annuels, des congés de maladie et un processus formel de résolution de conflits, donnant aux conducteurs le droit de contester les décisions relatives à leur paie, leurs suspensions, leurs avis et leurs désactivations.
« Cette convention est une preuve irréfutable que lorsque les travailleurs s’unissent en solidarité avec un but commun, de grands résultats peuvent être obtenus » a dit Gilberto Talero Almanza, membre du comité de négociation. Les conducteurs de Victoria ont démontré que même les travailleurs les plus atomisés peuvent s’organiser et gagner. Mais la lutte ne peut pas s’arrêter là. Les livreurs de nourriture, les travailleurs de Lyft et tous les autres travailleurs des plateformes dans la région demeurent non organisés. Tous les travailleurs à la demande doivent être mobilisés et intégrés à la lutte des classes.