Votons non à l’entente de principe avec Postes Canada!

Nous sommes confrontés à ce dilemme parce que nos dirigeants nationaux ont sciemment saboté et découragé la lutte à chaque étape.
  • Jordan Chyzowski, membre du STTP, et Donovan Ritch
  • ven. 16 janv. 2026
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Jordan Chyzowski avec ses camarades et collègues sur le piquet de grève du STTP, novembre 2024.

Après plus de deux ans de négociations avec la direction et plusieurs semaines de piquetage, les membres du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP) se sont vu présenter une entente de principe. Cette entente accepte les principales revendications de la direction et ne mettra pas fin à la destruction du service postal public et à la suppression de dizaines de milliers d’emplois syndiqués. Cette offre doit donc être rejetée!

L’accord proposé accepte la plupart des exigences de la direction visant à démanteler le service postal public, notamment la fin de la distribution du courrier à domicile et la fermeture d’une centaine de dépôts postaux ruraux.

Le contrat accepte également la création de deux autres types de postes à temps partiel avec des horaires irréguliers pour la distribution du courrier et des colis, y compris le week-end. Ces postes « non structurés » ou « flexibles » représentent une tentative de rivaliser avec le secteur privé dans une course effrénée vers le bas, ce à quoi la direction du syndicat s’était auparavant fermement opposée.

Il est vrai que certaines autres demandes de la direction visant à « Amazonifier » la poste ont été mises en veilleuse, notamment la privatisation des retraites des nouveaux employés, l’acheminement dynamique et l’équilibrage des charges. Cependant, le gouvernement Carney appuyant pleinement le programme de réduction des coûts de la direction, celle-ci reviendra certainement à la charge avec ces demandes à une date ultérieure.

Enfin, les améliorations mineures apportées aux salaires et aux avantages sociaux incluses dans la dernière offre ne sont qu’un enrobage destiné à rendre cette pilule empoisonnée plus facile à avaler.

Mais cela reviendrait à accepter le début de la fin du service postal public tel que nous le connaissons et à mettre en péril nos emplois.

Crise du leadership

Nous sommes confrontés à ce dilemme parce que nos dirigeants nationaux ont sciemment saboté et découragé la lutte à chaque étape, dans l’espoir de trouver un compromis satisfaisant avec la direction de Postes Canada, compromis qui n’existe pas. L’accord qui en résulte est si mauvais que le conseil exécutif national s’est divisé, cinq des 15 membres ayant voté contre, y compris la présidente nationale du STTP, Jan Simpson!

Mais Simpson et consorts sont responsables de nous avoir mis dans cette situation. La direction actuelle du STTP n’a pas vraiment expliqué les problèmes auxquels est confrontée Postes Canada, car cela reviendrait à admettre que Postes Canada est en train d’être détruite par le système capitaliste. Au lieu de mobiliser tous les travailleurs de la livraison dans une lutte contre Postes Canada, Purolator, UPS, Amazon et DHL, ils ont découragé et démobilisé les troupes et sont maintenant en train de se concilier avec la direction et d’essayer de faire accepter aux travailleurs de nouveaux reculs.

Pour sortir de cette impasse, nous avons besoin d’une direction socialiste qui propose une solution de rechange à la course effrénée du capitalisme – qui rejette le statu quo de la gestion bureaucratique du gouvernement en faveur d’un véritable contrôle démocratique par les travailleurs sur tous les aspects de la poste.