Carney jette un milliard de plus dans le gouffre ukrainien

Carney affirme que le gouvernement canadien finance l’Ukraine parce que « sa cause, soit la liberté, la démocratie et la souveraineté, est également la nôtre ». Mais est-ce vraiment le cas?
  • Sam Jean
  • ven. 9 oct. 2026
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Image : Vin.gov.ua/Wikimedia Commons.

Carney a annoncé plus d’un milliard de dollars supplémentaires pour prolonger la guerre en Ukraine.

Cette nouvelle enveloppe comprend 435 millions de dollars en garanties de prêts, 200 millions en prêts pour la reconstruction, 40,1 millions pour la réadaptation des vétérans et 350 millions pour acheter des intercepteurs de missiles américains.

Cela s’ajoute aux 25,5 milliards de dollars déjà consacrés à l’Ukraine depuis le début de la guerre en 2022.

On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour l’éducation, les soins de santé et les services sociaux. Pourtant, avec 26,5 milliards de dollars, on aurait pu payer entièrement les droits de scolarité des étudiants canadiens de niveau postsecondaire pendant les trois dernières années – avec un petit 4 milliards de dollars d’extra.

À la place, on jette 26,5 milliards dans un gouffre, alors que la moitié des Canadiens sont à un chèque de paie près de devoir recourir à une banque alimentaire. Et un cinquième des personnes qui utilisent déjà les banques alimentaires ont un emploi.

C’est la manne pour les fabricants d’armes canadiens. Carney leur a accordé des contrats jusqu’à 50 millions de dollars pour produire des « millions » de drones au cours des deux prochaines années.

Selon un lieutenant-général canadien, les drones militaires deviennent désuets dans les six mois suivant leur production. Essentiellement, Carney verse des dizaines de millions de dollars aux fabricants d’armes pour produire de la ferraille.

Carney affirme que le gouvernement canadien finance l’Ukraine parce que « sa cause, soit la liberté, la démocratie et la souveraineté, est également la nôtre ». Mais est-ce vraiment le cas?

La « liberté », sauf lorsqu’il s’agit de l’étranglement du peuple palestinien par Israël ou du siège moyenâgeux imposé à Cuba par les États-Unis. La « démocratie », sauf lorsqu’il s’agit de la soumission coloniale du Venezuela par Trump. La « souveraineté », sauf lorsqu’il s’agit de la souveraineté du Liban ou de l’Iran, violée par les alliés du Canada.

Et au Canada même, Carney ne semble guère avoir plus de respect pour la « liberté » et la « démocratie ». Au moment d’écrire ces lignes, les libéraux tentent de faire adopter le projet de loi C-39, qui donnerait au ministre du Travail le pouvoir de mettre fin à toute grève qu’il juge avoir des « répercussions négatives importantes à l’échelle nationale ». Les libéraux ont également fait adopter le projet de loi C-22, qui accorde au gouvernement de vastes pouvoirs pour espionner sa propre population. Ces mesures s’inscrivent dans une offensive tous azimuts contre les travailleurs et les droits démocratiques, alors que Carney tente de faire porter les coûts de la crise du capitalisme à la classe ouvrière tout en cherchant à contenir toute riposte.

Le fait que Carney jette un milliard de dollars de plus pour prolonger le massacre en Ukraine est un autre exemple de la façon dont, sous le capitalisme, la richesse est dirigée vers les intérêts des riches. Dans ce cas-ci, c’est le pactole pour les fabricants d’armes et leurs investisseurs. C’est la classe ouvrière qui paiera la facture, sous forme de compressions dans les dépenses sociales.