
Le 6 juillet, le premier ministre Carney a annoncé que l’entreprise allemande ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS) construirait la nouvelle flotte de sous-marins de la Marine canadienne. On estime que le coût total pour les contribuables, sur toute la durée de vie de cette flotte, pourrait atteindre la somme astronomique de 100 milliards de dollars.
Il s’agirait du plus gros achat militaire de l’histoire du Canada, alors que la dette publique atteint des niveaux astronomiques. Il n’est donc pas surprenant que le cabinet du premier ministre se soit empressé de nous assurer que cette dépense entraînera un essor économique. Bien qu’il soit resté vague sur les détails, Carney s’est justifié en disant que dans le cadre du contrat, TKMS aurait l’obligation d’investir des dizaines de milliards dans des infrastructures qui « toucheront toutes les régions du pays » et créeraient jusqu’à 100 000 emplois.
Cent mille, c’est beaucoup de nouveaux emplois… et c’est presque certainement un mensonge. Dans son empressement à applaudir Carney, la grande presse l’a tout simplement pris au mot. Jusqu’à présent, Carney lui-même est la seule source de ce chiffre de 100 000 emplois – un nombre qu’il a tout intérêt à gonfler afin de justifier cet achat colossal auprès des contribuables.
Il est pourtant raisonnable de demander d’où viendront ces 100 000 emplois, considérant que les sous-marins seront construits en Allemagne, et non au Canada. De plus, le coût de l’acquisition de ces navires auprès de l’Allemagne s’élève à 24 milliards de dollars. Cela représente près de la moitié des transferts fédéraux annuels en matière de santé vers l’ensemble des provinces. C’est un coût énorme pour zéro emploi.
Bien que le gouvernement ait laissé entendre qu’un investissement dans le secteur automobile canadien pourrait faire partie de cette entente, aucune mention à ce sujet ne figurait dans l’annonce de Carney. TKMS a conclu des ententes avec Seaspan ULC, l’un des plus grands constructeurs navals du Canada, pour la construction d’installations d’entretien sur les deux côtes, ainsi qu’avec EllisDon Corp, l’un des géants de la construction du pays, pour la construction d’installations de formation. Cependant, ces emplois seront des emplois temporaires liés à la construction, et non des emplois à long terme.
Si l’on tient compte du coût total du programme, les quelques emplois qu’il pourrait créer seraient insignifiants par rapport aux coupes qu’il va entraîner. Un coût de 100 milliards de dollars est une somme que le gouvernement fédéral, déjà endetté, ne peut se permettre sans procéder à des compressions dans le secteur public. Des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur public seront supprimés, ce qui signifie qu’il ne s’agit pas vraiment de « créer des emplois ». Il s’agit en réalité de la militarisation du Canada par Carney, en réponse aux pressions exercées par Donald Trump et à la mise en place d’un nouvel ordre impérialiste.
L’argument de Carney selon lequel les éventuels emplois créés iront aux travailleurs locaux est également douteux. Le type de main-d’œuvre requis pour construire les infrastructures liées aux sous-marins sera hautement technique. Mais considérant la pénurie de main-d’œuvre dans les métiers spécialisés, cela risque d’attirer des travailleurs qualifiés d’autres secteurs plutôt que de créer des occasions d’emploi pour les chômeurs. Irving Shipbuilding, une entreprise qui exerce actuellement ses activités sur la côte est, s’est publiquement demandée si le projet fédéral ne risquait pas de lui débaucher ses employés.
La classe ouvrière n’a rien à gagner à ce que Carney gaspille 100 milliards de dollars dans cet achat de sous-marins. La majeure partie de cet argent ne créera aucun emploi, et la plupart des emplois créés seront, au mieux, temporaires, alors que des dizaines de milliers d’emplois dans le secteur public seront supprimés en conséquence.
L’effondrement de l’ordre d’après-guerre signifie que la classe dirigeante canadienne ne peut plus compter sur la protection des États-Unis. En conséquence, c’en est fini du « dividende de la paix ». Notre classe dirigeante peut trouver des fonds pour l’armement, mais pas pour les soins de santé, ni pour l’éducation et les services sociaux en général.
C’est pourquoi les communistes disent :
Des bouquins, pas des bombes!
De l’argent pour soigner, pas pour tuer!
Bâtissez des maisons, pas des missiles!