
À court d’argent, le gouvernement Carney cherche maintenant à privatiser les aéroports. Cette mesure fera le bonheur des investisseurs capitalistes, mais elle ne fera qu’aggraver les conditions de vie des travailleurs canadiens.
L’effondrement de l’ordre international, ainsi que la guerre commerciale avec les États-Unis, ont forcé le gouvernement canadien à tenter de réorganiser l’économie afin de réduire sa dépendance envers le marché américain. Pour y arriver, le gouvernement s’est engagé à consacrer des centaines de milliards de dollars aux dépenses militaires et aux subventions aux entreprises. Mais Carney se retrouve maintenant à court de fonds, dans un contexte de dette publique et de déficits records.
C’est ce qui explique pourquoi Carney, qui n’a pourtant pas été élu sur la base d’un programme de privatisation des infrastructures, explore maintenant cette option. Il affirme que cette vente pourrait rapporter jusqu’à 100 milliards de dollars. Cet argent servira vraisemblablement à financer des subventions aux entreprises et des dépenses militaires, et non à des mesures qui bénéficieraient directement à la classe ouvrière.
En plus de cela, la privatisation permettrait seulement à des investisseurs prédateurs d’augmenter les coûts du transport aérien en imposant des frais d’atterrissage; frais qui seront ensuite refilés aux passagers sous forme de hausses du prix des billets. En Australie, où les principaux aéroports ont été privatisés dans les années 1990 et 2000, le coût du transport aérien a explosé.
Les aéroports, en tant qu’infrastructures essentielles, sont en pratique des monopoles. C’est précisément ce qui les rend si attrayants pour les investisseurs. Les propriétaires peuvent exploiter leurs travailleurs et augmenter leurs prix sans craindre d’être évincés par la concurrence. Comme les aéroports sont indispensables aux déplacements et au commerce, ils garantissent des entrées constantes de profits.
Par conséquent, vendre les aéroports est un moyen facile pour le gouvernement d’aller chercher un peu d’argent.
La lutte contre la privatisation est une lutte contre le capitalisme
Les aéroports ne sont qu’un élément du plan de la classe dirigeante visant à vendre les infrastructures du Canada. Depuis des années, elle mène une campagne pour privatiser Postes Canada. Carney a maintenant annoncé qu’il envisageait aussi de privatiser les grands ports.
Ces privatisations vont aggraver les conditions de vie de la classe ouvrière. Mais du point de vue du capitalisme, elles constituent la suite logique des choses. La crise du capitalisme canadien pousse la classe dirigeante à chercher partout de nouvelles sources de profits.
Voilà le résultat naturel d’une économie organisée en fonction du profit. C’est pourquoi la lutte contre la privatisation est une lutte contre le capitalisme.