
« Parce que je suis tannée de la violence institutionnalisée pis des partis bourgeois qui la défendent. Le monde crève de faim pis le SPVM enquête sur une guillotine en carton. C’est n’importe quoi. »
Voici ce que nous avons reçu hier soir d’une personne souhaitant rejoindre les rangs du PCR. On ne saurait mieux dire.
Lors de la manifestation syndicale du 2 mai à Montréal, des manifestants ont « exécuté » par guillotine une marionnette en papier mâché à l’effigie du ministre du Travail. Depuis, l’establishment politico-médiatique québécois nous casse les oreilles avec des dénonciations de cette soi-disant « violence politique ».
Scandaleusement, une enquête policière a été ouverte. Le Parti communiste révolutionnaire dénonce fermement cette tentative d’intimidation, et nous appuyons les camarades à l’origine de cette action, le groupe Alliance ouvrière.
Nombreux sont ceux qui s’opposent au traitement complètement ridicule de cette histoire.

Surtout, l’hypocrisie vient du fait que cette saynète visait précisément à dénoncer une vraie violence! Alliance ouvrière l’explique elle-même :
« En 2025, comme chaque année, plus de 250 travailleurs et travailleuses sont morts à cause d’accidents du travail ou des maladies professionnelles, et personne n’a été puni. Et en janvier 2025, un certain Jean Boulet a laissé Amazon jeter à la rue plus de 4500 travailleurs et travailleuses. […] Voilà ce qu’est la vraie violence des élites. »
Nous pourrions continuer la liste presque à l’infini : évictions, mises à pied, brutalité policière (bien réelle lors de la manifestation du 1er mai), érosion des salaires, délocalisations, listes d’attente en chirurgie qui s’allongent…
Les syndicats ont immédiatement été blâmés et invités à dénoncer cette action. La bureaucratie syndicale s’est bien sûr empressée de s’en dissocier.
À Québec solidaire, Ruba Ghazal a écrit sur Bluesky que « la violence politique n’a pas sa place en démocratie, peu importe d’où elle vient. Mettre en scène le guillotinage d’un ministre est d’une violence inacceptable ».
Comme souvent, la pression du milieu médiatique et de l’Assemblée nationale a eu raison de la colonne vertébrale bien molle des dirigeants du parti.
La FTQ en a rajouté le 5 mai en réitérant « qu’elle condamne cette action ».
La gauche et les syndicats s’imaginaient ainsi se dérober au feu des critiques. Mais cela ne fonctionne pas, et la droite, à travers ses chroniqueurs, en rajoute, comme des requins flairant du sang dans l’eau. La faiblesse invite à l’agression.
Il faut bien comprendre : cette action ne fait pas scandale parce que l’establishment capitaliste honnit la violence – lorsque nécessaire, sa police est déployée pour maintenir le statu quo par la brutalité, comme les étudiants l’ont vécu en 2012. Cette violence-là ne fait pas scandale. Ce qui explique qu’ils soulèvent un tel tollé, c’est que cela leur donne l’occasion d’attaquer la gauche et le mouvement syndical. C’est une erreur de capituler devant leurs critiques hypocrites.
La FTQ a en outre affirmé qu’elle « croit au dialogue, à la mobilisation pacifique et au rapport de force démocratique comme moyens légitimes de faire avancer les droits et les conditions de vie des personnes que nous représentons ».
Elle fait ainsi écho à la première ministre Fréchette, qui avait déclaré qu’il « est possible d’avancer de façon constructive sans violence ou menaces ».
Mais justement, il a été amplement démontré que, pour les travailleurs, il est impossible d’avancer dans cette dictature des patrons. Après des décennies où se sont succédés des gouvernements qui ont appliqué un programme d’austérité détesté par les électeurs, on voit bien que cette « démocratie » ne vaut pas deux cennes.
Tout l’establishment politique s’est ligué contre les syndicats l’automne dernier pour leur retirer le droit de grève et le droit de prendre des positions politiques. Et on vient maintenant nous parler de dialogue social et de méthodes de luttes pacifiques?
Si la colère des opprimés, alors, finit par s’accumuler et exploser, y compris sous ses formes violentes, la classe dirigeante n’a qu’elle-même à blâmer. C’est ce qu’exprimait le mois dernier un employé d’un entrepôt de Californie alors qu’il mettait le feu à son lieu de travail : « Vous n’aviez qu’à nous payer assez pour fucking vivre. »
Tout le système capitaliste repose sur la violence. Nous sommes gouvernés par des banquiers et d’autres parasites qui s’enrichissent du pillage des ressources naturelles et de l’exploitation brutale de sweatshops dans les pays pauvres, et nous devrions nous émouvoir du sort d’une marionnette en papier mâché? Les monstres qui ferment les yeux sur le génocide en Palestine et le nettoyage ethnique du Liban, qui font la piastre sur les guerres en Iran et en Ukraine, nous parlent de violence?
Comme tous les travailleurs, nous avons horreur de la violence. C’est précisément pour cette raison que nous appelons à renverser ce système.