
Après une campagne électorale catastrophique qui l’a réduit à sept sièges et lui a fait perdre son statut de parti, le NPD fédéral a publié une analyse interne pour tenter d’expliquer ses résultats de 2025.
Le Rapport d’examen et de renouvellement jette le blâme sur à peu près tout le monde – Trump, Poilievre, les travailleurs, la gauche, même ses propres bénévoles et candidats locaux – sauf sur la direction du parti elle-même. Involontairement, le rapport montre exactement comment la perspective réformiste et à courte vue de la direction a réduit le parti à l’insignifiance.
À qui la faute?
Dès le départ, le rapport indique clairement que la direction n’a pas tiré et ne tirera aucune leçon de son échec. Dans ses propres mots : « Il convient de faire preuve de prudence et de se garder d’établir des liens de causalité trop directs entre une stratégie de campagne particulière et le résultat des élections de 2025. » Selon la direction, l’élection de Donald Trump et le déclenchement de la guerre commerciale signifiaient que le NPD était condamné dès le départ. Quant aux idées politiques et au programme qu’elle a mis de l’avant, ils n’ont rien à voir avec sa défaite!
Le rapport ne contient aucune véritable analyse de la façon dont le NPD a réagi à la guerre commerciale. Il ne se penche pas sur pourquoi les électeurs n’étaient pas attirés par une plateforme qui consistait à copier les propositions des deux plus grands partis, à réclamer les mêmes subventions aux entreprises et les mêmes hausses des dépenses militaires, au lieu de proposer une solution ouvrière à la crise. Après tout, « les enseignements à tirer d’une élection menée dans un contexte comme celui de la précédente sont limités ». C’est certainement une conclusion commode pour la direction.
S’accrocher à l’establishment
Le rapport déplore également le fait que le parti était perçu comme indiscernable des libéraux et a été « sanctionné » pour son accord de soutien et de confiance avec Trudeau.
En même temps, il reconnaît que la base électorale traditionnelle du parti, les travailleurs syndiqués et les jeunes, l’ont complètement abandonné. Mais encore une fois, la direction n’a aucune explication à cela. Le parti a présenté un excellent programme, mais « le contexte électoral faisait que les gens n’étaient pas vraiment à l’écoute ».
Cela montre à quel point cette direction est profondément déconnectée de la réalité. Pourquoi les électeurs voudraient-ils voter pour un parti qui a soutenu un gouvernement profondément détesté qui a présidé à la plus grande crise du coût de la vie depuis des générations? Pourquoi les jeunes voteraient-ils pour un parti qui a soutenu les libéraux pendant qu’ils vendaient des armes à Israël pour leur génocide à Gaza?
La direction est incapable de regarder la réalité en face. En fait, le rapport se vante des « avancées historiques » de l’accord de soutien et de confiance et promet de conclure des ententes similaires à l’avenir. Son incapacité à s’opposer au budget d’austérité de Carney confirme cela, bien qu’il ne soit pas clair quelles « avancées historiques » ont été remportées pour les travailleurs dans ce cas.
Le passage où le rapport se rapproche le plus de lucidité est lorsqu’il reconnaît que de nombreux membres du parti ont été inspirés par Zohran Mamdani. Mais plutôt que de s’inspirer de son programme, qui promettait des choses comme la gratuité des transports en commun et des garderies, et qui appuyait ouvertement la Palestine, le rapport attribue sa victoire au nombre de bénévoles qu’il a pu mobiliser.
C’est une démonstration parfaite de la mentalité perdante de la direction actuelle. Il n’y a aucune mention de la Palestine et aucune mention du fait que Zohran s’est décrit lui-même comme socialiste – ce que la direction du NPD ne fait pas. Aucune mention des politiques réelles sur lesquelles Zohran s’est présenté – la politique est à peine discutée. La direction échoue à voir la réalité évidente : les travailleurs et les jeunes se sont portés bénévoles pour Zohran parce qu’il a mis de l’avant des politiques qui amélioreraient véritablement leur vie, et parce qu’ils le voyaient comme une solution de rechange à l’establishment détesté.
Cette réalité est inacceptable pour les hauts dirigeants du NPD, qui ont dilué leur programme dans l’intérêt de faire partie de cet establishment. Mais le parti n’a pas d’autre option tant qu’il accepte les limites du capitalisme, il n’a donc d’autre choix que d’enfouir sa tête dans le sable.
Course à l’abîme
Le rapport dépeint l’image d’un parti en crise existentielle profonde, pris dans une chute libre financière, discrédité aux yeux de sa base électorale traditionnelle et complètement coupé de ses anciennes méthodes de mobilisation de ses membres.
Mais la clique bureaucratique qui dirige le parti n’est ni disposée ni capable de changer de cap. Le mieux qu’elle puisse faire est d’offrir de petites retouches organisationnelles, comme organiser des ateliers pour apprendre aux bénévoles locaux à utiliser les logiciels de campagne et consacrer plus d’argent à la promotion sur les réseaux sociaux. Et pendant qu’elle se console en se disant que « la campagne ne donnait pas l’impression d’être une opération vouée à l’échec », elle continue de se ranger derrière les libéraux à chaque occasion. Cela ne fait que rendre le NPD de plus en plus insignifiant.
Un parti animé par de telles méthodes ne peut être un outil efficace pour la classe ouvrière, peu importe qui en est à la tête. Actuellement, il semble qu’Avi Lewis, qui se dit socialiste et critique le capitalisme, ait de bonnes chances d’être le prochain chef du NPD. Mais tant qu’on ne s’attaquera pas à la bureaucratie, celle-ci étouffera tout ce qui pose une menace véritable au capitalisme.