
Le 27 avril, Mark Carney a annoncé la création du Fonds pour un Canada fort, qu’il présente comme le premier fonds souverain du Canada. Or, il ne s’agit que d’un rebranding tape-à-l’œil d’une vieille politique : emprunter de l’argent pour donner des cadeaux aux entreprises, pendant que les travailleurs paient la facture. C’est un nouveau nom élégant pour une vieille manœuvre.
Quel est le problème avec le Fonds?
Le Fonds pour un Canada fort, loin d’une démonstration de force, est un aveu de faiblesse. Normalement, un fonds souverain est accumulé au fil du temps à partir de surplus. Le fonds proposé par Carney ne correspond en rien à cette définition. Mais les 25 milliards de dollars initiaux dans le fonds de Carney seront empruntés! Ainsi, au lieu d’accumuler de la richesse, le Fonds Canada Fort viendra alourdir la dette fédérale, qui s’élève déjà à 1,35 milliard de dollars.
Mais la création de ce fonds n’est pas seulement un aveu de faiblesse : c’est aussi un aveu du fait que Carney peine à trouver des investisseurs privés pour ses « grands projets d’intérêt national » qu’il a tant vantés. Comme nous l’avions prédit, Carney se sert simplement de l’État pour octroyer ce qui n’est, en réalité, que des subventions aux entreprises, même si elles ne portent pas ce nom.
Et il y a peu de chance que cela fonctionne. Les gouvernements fournissent déjà toutes sortes de subventions aux entreprises, sans beaucoup de succès. Il suffit de regarder les exemples de Northvolt au Québec ou de Stellantis et GM en Ontario. Les capitalistes canadiens bénéficient déjà d’importantes subventions publiques et vivent largement aux crochets de l’État. Pourtant, ils continuent d’encaisser l’argent, de remplir leurs poches puis de quitter le pays lorsque cela les avantage, fermant leurs installations et laissant derrière eux du chômage de masse.
Le Fonds pour un Canada fort ne sera qu’un exemple supplémentaire de ce transfert direct de richesse, des poches des travailleurs vers les coffres des capitalistes.
La nationalisation est la seule solution logique
L’investissement de 25 milliards de dollars de Carney dans le Fonds pour un Canada fort se fera aux dépens de la classe ouvrière et contribuera à alourdir davantage la dette du pays. Cette même dette publique qui sert constamment de prétexte pour justifier des compressions est aujourd’hui gonflée afin de maintenir les profits des entreprises. Carney tente ainsi de sortir de la crise du capitalisme que traverse l’économie canadienne à coups de dépenses publiques, mais peu importe l’ampleur des fonds qu’il verse aux grandes entreprises, elles ne vont jamais se préoccuper des besoins des travailleurs.
Au lieu de sortir le chéquier pour les investisseurs, la seule solution logique consiste à nationaliser ces parasites, à saisir la richesse créée grâce au dur labeur des travailleurs et à l’utiliser pour résoudre tous les problèmes urgents auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui.