
Mark Carney a essentiellement tué le programme d’assurance-médicaments « universel et national ». La Mise à jour économique du printemps n’alloue pas de nouveaux fonds au programme. Cela mettra fin à son expansion aux autres provinces et affamera lentement les provinces qui l’ont déjà mis en œuvre. Peu importe qu’il le déclare explicitement ou pas : Carney indique par là que l’éphémère programme d’assurance-médicaments du Canada est maintenant arrivé à son terme.
Cette situation couvre de ridicule le NPD, puisque la mise en œuvre d’un programme d’assurance-médicaments universel était un pilier de l’entente de soutien et de confiance entre le NPD et les libéraux entre 2022 et 2024. En échange d’une poignée de promesses creuses, cette entente garantissait le soutien du NPD à un gouvernement libéral minoritaire haï, alors même que ce dernier administrait une crise du coût de la vie, attaquait les syndicats et soutenait le génocide d’Israël à Gaza.
Don Davies, alors porte-parole du NPD en matière de santé, s’était vanté à l’époque que les promesses faites dans le cadre de l’entente de soutien et de confiance représentaient « la plus grande expansion de la santé publique en soixante ans ».
Mais l’accord original concernant l’assurance-médicaments ne promettait rien d’autre qu’un « progrès vers une assurance-médicaments nationale et universelle » (nos italiques), et ce, dans une langue tout ce qu’il y a de plus de vague, précisément pour préparer le terrain au genre de renoncement que nous voyons aujourd’hui. En réalité, le programme n’a jamais été ni national, ni universel. Dès ses débuts, la portée du programme a été rétrécie pour ne couvrir qu’une petite série de produits médicaux (moyens de contraception et quelques médicaments contre le diabète). En outre, en raison de son adoption limitée par les provinces, il ne couvrait que 17% des Canadiens.
Seules quatre provinces ou territoires ont adhéré au programme depuis ses débuts. Les accords signés par l’Île-du-Prince-Édouard, le Manitoba, le Yukon et la Colombie-Britannique ont englouti plus de 60% du 1,5 milliard de dollars alloué par le gouvernement fédéral pour financer le programme. Des milliards de plus en subventions fédérales sont requis pour étendre le programme à des juridictions aussi massives que l’Alberta, l’Ontario ou le Québec.
Il s’agit d’une manœuvre typique de la stratégie libérale. Ils ont agité la carotte des réformes lorsqu’ils avaient besoin de soutien, puis ils se débarrassent de leur promesse dès que possible.
C’était une erreur du NPD que de soutenir les libéraux dans leur tentative de sauver leur peau. Nous devons bâtir un véritable parti socialiste qui ne s’appuie pas sur des accords de coulisses avec les patrons, mais bien sur la mobilisation des masses – et ce parti luttera contre les assauts des capitalistes sur chaque aspect de nos vies.