
Le 10 mars dernier, le camarade Ehsan Ali, président du Comité d’action Awami du Gilgit-Baltistan (AAC-GB) et dirigeant central du Parti communiste Inqalabi (PCR) au Pakistan, a été arrêté lors d’une perquisition nocturne à son domicile. Plusieurs autres dirigeants de l’AAC ont également été arrêtés.
Le Gilgit-Baltistan est une région administrative du Pakistan. La corruption, l’exploitation et le vol l’ont plongé dans un état de pauvreté et de sous-développement extrêmes.
Depuis plus d’une décennie, l’AAC-GB lutte sans relâche au nom des gens ordinaires, militant pour les droits démocratiques, pour le maintien des subventions sur les produits de première nécessité comme la farine, ainsi que pour l’accès à des services de santé et d’éducation de base pour les habitants de la région.
À présent, les dirigeants de l’AAC sont tous inculpés en vertu de la Loi antiterroriste, en plus de faire face à des accusations criminelles d’incitation à la violence. Quelle est la « justification » de ces accusations révoltantes?
Dans le contexte de la guerre en Iran et d’un nouveau conflit avec l’Afghanistan à l’horizon, le régime utilise le prétexte de ces affrontements pour régler ses comptes.
La guerre en Iran a également soulevé l’indignation des masses au Pakistan, qui éprouvent une profonde sympathie pour les peuples d’Iran et de Palestine. D’importantes manifestations contre cette guerre ont débuté le 1er mars; elles ont été réprimées par les forces de sécurité, notamment au Gilgit-Baltistan, où au moins 14 personnes ont été tuées par les autorités et de nombreuses autres blessées. Qui est véritablement responsable du « terrorisme » et de « l’incitation à la violence »?
Le 8 mars, les dirigeants de l’AAC-GB, dont Ehsan Ali, ont été conviés à un souper de l’Iftar. Ils y ont condamné les tueries et ont discuté d’éventuelles manifestations de l’AAC concernant la flambée des prix, la Loi sur la réforme agraire et d’autres enjeux touchant les gens ordinaires. C’est cet événement qui a mené à l’arrestation des camarades deux jours plus tard.
Ehsan Ali, dans la soixantaine, est détenu dans des conditions déplorables et son état de santé s’est détérioré. Il a fini par contracter une pneumonie et a perdu connaissance au poste de police. Ce n’est qu’à ce moment qu’il a été transféré à l’hôpital pour recevoir des soins d’urgence.
Ehsan Ali a été transporté par ambulance à son audience, laquelle avait été reportée au 26 mars. Le juge lui-même a souligné en cour que le dossier de la police est injuste et que se réunir pour un souper de l’Iftar ne constitue même pas un délit simple, et encore moins une activité terroriste.
Pas touche au Comité d’action Awami!
L’Internationale communiste révolutionnaire mène actuellement une campagne mondiale pour obtenir la libération de nos camarades.
Ce n’est pas la première fois que les camarades de l’AAC-GB subissent la répression de l’État. L’an dernier, ils ont fait l’objet d’une vague d’arrestations et 15 dirigeants ont passé des mois derrière les barreaux. À la suite d’une puissante campagne internationale, qui a reçu l’appui de centaines de militants, de syndicalistes et de politiciens de renom, nous avons réussi à faire libérer tous les dirigeants de l’AAC.
Nous avons déjà libéré nos camarades par le passé, et nous le ferons encore. Mais nous avons besoin de votre aide!
Pour que cette campagne réussisse, nous avons besoin d’une solidarité et d’une pression maximales. Nous invitons donc nos lecteurs à poser les gestes suivants pour nous soutenir :
- ÉCRIVEZ aux politiciens, aux dirigeants syndicaux et étudiants, aux militants et aux personnalités publiques, et demandez-leur d’appuyer notre campagne!
- COMMUNIQUEZ avec l’Ambassade, le Consulat ou le Haut-commissariat du Pakistan, soit individuellement, soit au nom d’un syndicat, d’une association étudiante ou d’une organisation politique. Vous trouverez ici un modèle de lettre (en anglais).
- ADOPTEZ UNE RÉSOLUTION au sein de votre syndicat ou de votre association étudiante. Vous trouverez ci-dessous un modèle de résolution.
- CONTACTEZ la cellule du PCR la plus proche et joignez-vous à nos manifestations devant les ambassades, consulats et hauts-commissariats du Pakistan!
Nous ne relâcherons pas nos efforts tant que tous les dirigeants de l’AAC-GB ne seront pas libérés et que la répression à leur égard n’aura pas pris fin!
Veuillez nous informer de toute réponse reçue à l’adresse suivante : aacgb-solidarity@marxist.com.
Résolution modèle : Solidarité avec les dirigeants arrêtés du Comité d’action Awami Gilgit-Baltistan
Le présent [syndicat/syndicat étudiant] constate avec une profonde inquiétude :
- L’arrestation et la détention, le 10 mars, de membres dirigeants du Comité d’action Awami – Gilgit-Baltistan (AAC-GB), incluant le président Ehsan Ali, Nusrat Hussain, Mehboob Wali, l’avocat Nafees et Mehar Ali.
- Que ces camarades ont été inculpés sans fondement en vertu des lois antiterroristes et accusés d’« incitation à la violence », des chefs d’accusation qui semblent motivés par des considérations politiques.
- Le juge, lors de l’audience d’Ehsan Ali le 26 mars, a même reconnu que le fait d’assister à un dîner de l’iftar ne constituait pas un « simple crime », et encore moins un acte de terrorisme.
- Ehsan Ali est en mauvaise santé, ayant déjà contracté une pneumonie pendant sa détention. Sa vie pourrait être en danger si cette situation perdure.
- D’après certaines informations, Amara Sattar, officier de police de sous-division (SDPO) de Danyor, dans le district de Gilgit, aurait été informé de l’état de santé critique d’Ehsan Ali, qui nécessitait une hospitalisation, et aurait répondu : « Laissez tomber, nous avons des ordres d’en haut… qu’il meure. »
- En 2025, Ehsan Ali a été inscrit sur la fameuse « quatrième liste » pakistanaise – une législation initialement conçue pour surveiller les terroristes – ce qui restreint sévèrement sa liberté de mouvement.
- La même année, Ehsan Ali et 14 autres membres dirigeants de l’AAC-GB ont passé trois mois en prison après avoir été inculpés en vertu des lois antiterroristes. Ils ont été libérés sous caution le 14 août, ce qui suggère que les accusations étaient sans fondement.
- Ces arrestations précédentes ont eu lieu alors que l’AAC-GB prévoyait une réunion pour aborder la question de la propriété des ressources naturelles au Gilgit-Baltistan.
- La persécution politique de l’AAC-GB par l’État pakistanais est donc bien établie et de longue date.
- L’AAC-GB a réussi à organiser des mouvements de masse qui ont obtenu des concessions essentielles en matière de subventions pour la farine, d’approvisionnement en électricité, de soins de santé et d’éducation pour les communautés vivant dans l’extrême pauvreté.
Ce [syndicat/syndicat étudiant] estime que :
- Ces arrestations constituent une attaque manifeste contre les droits démocratiques et l’organisation syndicale.
- La criminalisation de l’activité politique pacifique crée un dangereux précédent pour les mouvements de travailleurs à l’échelle mondiale.
- La solidarité internationale est essentielle pour défendre le droit de s’organiser contre l’exploitation et l’oppression.
- La lutte des travailleurs du Gilgit-Baltistan contre la pauvreté et l’exploitation des ressources s’inscrit dans le mouvement international plus large de la classe ouvrière.
Ce [syndicat/syndicat étudiant] décide de :
- Condamner les arrestations à motivation politique et exiger la libération immédiate et inconditionnelle de tous les dirigeants et militants de l’AAC-GB détenus.
- Écrire aux hauts-commissaires et ambassadeurs pakistanais dans les différentes ambassades du Pakistan pour exiger la libération de tous les camarades arrêtés et la fin de la répression d’État au Gilgit-Baltistan.
- Encourager les membres à participer aux manifestations de solidarité et aux protestations organisées en soutien à l’AAC-GB devant les hauts-commissariats, les ambassades et les consulats pakistanais.
- Diffuser des informations sur cette affaire par le biais des communications syndicales/organisationnelles, des réseaux sociaux et du matériel éducatif.
- Adhérer aux futures campagnes de solidarité et maintenir un soutien continu aux mouvements démocratiques au Pakistan.
Ce [syndicat/syndicat étudiant] s’engage à :
- Suivre l’évolution de cette affaire et prendre des mesures supplémentaires si nécessaire.
- Tisser des liens avec les organisations syndicales internationales afin de coordonner les efforts de solidarité.
- Sensibiliser le public à la lutte plus large contre l’impérialisme et pour les droits des travailleurs en Asie du Sud.
- Soutenir les mouvements similaires confrontés à la répression étatique à l’échelle mondiale.
« Une attaque contre un est une attaque contre tous »
Proposé par : [Nom]
Appuyé par : [Nom]
Date : [Date]