« Voir grand » – Vers le troisième congrès du PCR

Nous avons toutes les chances de bâtir un parti de 5000 membres au cours des prochaines années.
  • Josie Seaton et Holly Quilty
  • ven. 27 mars 2026
Partager
La réunion du Comité central de mars 2026. Photo : Révolution communiste

Les 21 et 22 mars derniers, le Comité central du Parti communiste révolutionnaire (PCR) s’est réuni dans un monde en pleine tourmente.

Rien qu’au cours des trois premiers mois de 2026, nous avons été témoins de l’enlèvement de Maduro, d’une grève générale politique aux États-Unis contre l’ICE (Service de l’immigration et des douanes des États-Unis), de l’éclatement de l’affaire des dossiers Epstein et, maintenant, de l’attaque de l’impérialisme américano-israélien sur l’Iran. Il est clair que nous traversons la période la plus tumultueuse que nous ayons connue depuis des générations.

L’objectif de notre réunion était d’entamer les préparatifs du troisième congrès du Parti communiste révolutionnaire, dont la tâche sera de comprendre la trajectoire des événements et d’élaborer un plan pour lier les idées du communisme à la conscience changeante des gens ordinaires.

Saisir la situation

C’est pourquoi le Comité central a débuté la fin de semaine par une discussion sur les perspectives du capitalisme canadien pour la période à venir. Pour les marxistes, les perspectives consistent en une analyse de la logique interne des événements. Nous les utilisons pour voir par-delà le chaos apparent et anticiper les grandes lignes des événements futurs.

Joel Bergman, du Comité exécutif du PCR, a ouvert la discussion. Il a expliqué comment, avec la mort de l’ancien ordre mondial, les fondements de la stabilité relative du Canada ont été détruits. Cela a fait resurgir toutes les contradictions existantes du capitalisme canadien et a engendré une crise existentielle.

Au cours de la discussion, les dirigeants du parti de partout au pays ont examiné plus en détail ces lignes de fracture, comme la crise de l’économie canadienne et de la dette et le conflit entre les droits territoriaux des Autochtones et les plans de développement de Carney. Il est évident que tout ce que ce pays est censé représenter – le compromis, une vie paisible, une version « plus juste » du capitalisme – est voué à la destruction.

Toutefois, les perspectives ne se limitent pas à une analyse aride. Les communistes discutent des perspectives pour comprendre comment ces événements influenceront les idées des gens ordinaires. Et ce sont précisément des événements historiques comme ceux auxquels nous assistons qui provoquent des bouleversements majeurs dans la conscience des masses.

La lutte des classes est à l’ordre du jour. Nous en voyons déjà les signes avec le mouvement historique contre l’austérité en Nouvelle-Écosse et des grèves historiques, comme la grève des enseignants de l’Alberta l’automne dernier, qui a failli déclencher une grève générale.

Perspectives pour le mouvement étudiant

La crise du capitalisme canadien affecte particulièrement les jeunes. Le taux de chômage chez les jeunes a grimpé en flèche pour atteindre près de 20%. De plus, la jeunesse fait maintenant face à des attaques impitoyables de la part des gouvernements partout au pays, alors que le capitalisme en crise exige l’austérité. Cette situation a trouvé son écho dans le développement d’un mouvement étudiant.

Étudiants participant au débrayage de l’OCAD le 4 mars. Photo : Révolution communiste

Cela s’est déjà traduit par une grève étudiante d’une semaine la semaine dernière en Nouvelle-Écosse, ce qui a contribué à forcer le premier ministre de la province, Tim Houston, à reculer partiellement sur les mesures d’austérité qu’il proposait.

En Ontario, les coupes dans l’aide financière aux études ont également engendré une humeur combative sur les campus. Les étudiants de l’Université de Waterloo ont tenu une grève d’une journée le 4 mars. À l’Université McMaster, les étudiants ont voté en faveur d’une grève lors d’une assemblée générale réunissant 900 personnes. Sur d’autres campus, d’importants débrayages ont eu lieu pour dénoncer les coupes, et l’idée d’une grève étudiante est discutée par de larges couches de la population étudiante.

Comme l’a exposé Marco La Grotta, du Comité exécutif du PCR, les attaques contre la jeunesse ne font que commencer. Les gouvernements ont besoin de toujours plus d’austérité, et les jeunes semblent être une cible plus facile que les puissants syndicats du secteur public. Or, la jeunesse a déjà été radicalisée par des décennies de crise et par des événements tels que le génocide à Gaza. Ainsi, peu importe l’issue des mouvements actuels en Ontario et en Nouvelle-Écosse, il ne s’agit que du début d’une renaissance du mouvement de la jeunesse au Canada.

Vers un parti de 5000 membres

Marco a expliqué que cette situation offre d’immenses occasions pour les forces du communisme. Pour ne citer qu’un exemple, lors du rassemblement du 4 mars contre les coupes de Doug Ford dans les bourses étudiantes, nous avons vendu 159 journaux et rencontré plus de 100 personnes intéressées à rejoindre le PCR.

C’est pourquoi le Comité central a souligné au parti l’urgence de bâtir une puissante base d’étudiants communistes sur chaque campus. Avec nos camarades qui accomplissent déjà un excellent travail communiste au sein du mouvement, le Comité central estime que cet objectif est tout à fait réalisable.

Bâtir une base solide de jeunes radicalisés est un élément clé de notre plan global : construire un puissant parti communiste prêt à jouer un rôle de premier plan dans les luttes à venir. Julien Arseneau, qui a ouvert la discussion sur les perspectives organisationnelles, en a exposé les grandes lignes.

Comme l’a expliqué Julien, notre parti a systématiquement défendu le marxisme authentique et a formé des centaines de camarades à ces idées au fil des ans, ce qui constitue la raison principale pour laquelle nous avons pu bâtir des bases solides au cours des décennies. Cependant, nous sommes encore trop petits pour être perçus comme une option sérieuse par la plupart des gens.

Par conséquent, Julien a souligné que nous devons voir grand. Que nous permettrait de faire un parti de 5000 membres? Nous serions présents quotidiennement sur chaque grand campus pour discuter avec les étudiants. Nous serions incontournables, même dans les grandes manifestations, et pourrions mener des campagnes de plus grande envergure. Le PCR pourrait devenir le parti de la jeunesse révolutionnaire.

Grâce à cette visibilité, le PCR deviendra un pôle d’attraction et pourra exercer une influence réelle sur la scène politique. Une organisation dynamique de milliers de jeunes commencerait alors à être perçue comme une option sérieuse par les travailleurs les plus radicalisés. Cela ouvrirait la possibilité de bâtir un parti communiste de masse, enraciné dans la classe ouvrière.

Nous avons toutes les chances de bâtir un parti de 5000 membres au cours des prochaines années. Des milliers de jeunes radicalisés sont ouverts au communisme. Mais comme l’a souligné Julien, pour y arriver, il faut que chaque personne qui souhaite combattre le capitalisme rejoigne le PCR, se forme au marxisme et que chaque membre s’approprie le parti.

En route vers le congrès!

Au cours du mois à venir, chaque cellule du PCR étudiera et discutera de deux documents approuvés par le Comité central : Le Canada et le nouvel ordre mondial ainsi qu’une résolution sur les perspectives organisationnelles.

Nous lançons également une nouvelle campagne de financement avec un objectif de 240 000$. Ces fonds serviront à l’embauche de deux nouvelles personnes pour aider à la production et à la diffusion de notre journal mensuel, Révolution communiste/Communist Revolution.

Par la suite, des centaines de camarades de partout au Canada et au Québec se réuniront à Toronto du 16 au 18 mai pour le troisième congrès du PCR. Les délégués y discuteront, débattront et voteront sur les documents portant sur ces questions.

Chaque cellule accorde une attention scrupuleuse à cette préparation afin de tirer le maximum du congrès. Chaque semaine, les camarades étudient attentivement le document à l’ordre du jour. La discussion débute par une présentation de haut niveau donnée par un membre dirigeant de la cellule. Ensuite, les autres camarades contribuent à approfondir la compréhension, posent des questions et débattent des amendements proposés.

Grâce à ce processus, l’ensemble du parti se prépare à faire de ce congrès un jalon pour les forces du communisme au Canada. En décortiquant toutes les questions les plus importantes relatives à la situation politique et à nos tâches, nous nous assurons que chaque camarade comprenne véritablement ce que le parti doit accomplir au cours de la prochaine année et qu’il soit armé des idées nécessaires pour y parvenir.

De cette façon, nous veillons à ce que l’ensemble du parti émerge avec une vision claire et unifiée, et que chaque participant comprenne sa place dans la plus grande lutte de l’histoire – la lutte pour le communisme.

Si vous êtes communiste et que vous cherchez à vous organiser, c’est le moment idéal pour découvrir ce qu’est le PCR. Contactez-nous dès aujourd’hui et nous vous mettrons en relation avec la cellule du parti la plus proche de chez vous, afin que vous puissiez participer aux discussions et assister à notre congrès.

En avant vers le troisième congrès du Parti communiste révolutionnaire!