
Plus de 4000 agents de bord de WestJet ont voté à une écrasante majorité pour entrer en grève. Le 14 juillet 2026, la section 8125 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) a annoncé un vote de grève de 99,4%, avec une participation de 97%. Une grève pourrait survenir dès le 2 août, près d’un an après que les agents de bord d’Air Canada ont défié l’ordonnance fédérale de retour au travail pour les mêmes raisons – pour lutter contre le travail non rémunéré et les bas salaires.
Ce niveau de soutien n’a rien de surprenant. Les agents de bord de WestJet travaillent en moyenne 35 heures par mois sans être rémunérés, une situation que le président du SCFP a qualifiée d’« archaïque et relevant de l’exploitation ». Les salaires n’ont pas non plus suivi l’inflation. Par conséquent, particulièrement lorsqu’ils travaillent sur des vols de courte durée ou fortement retardés, les agents de bord touchent bien souvent moins que le salaire minimum fédéral.
Toutefois, WestJet reste intransigeante. Alexis von Hoensbroech, le PDG de WestJet, est allé jusqu’à nier l’existence du travail non rémunéré. Et la direction de l’entreprise a refusé d’offrir des conditions correspondantes à celles du contrat qu’ont obtenu les agents de bord d’Air Canada – qui n’a même pas éliminé le travail non rémunéré.
Il est clair que la grève constitue le seul moyen de mettre fin au travail non rémunéré et d’obtenir un contrat acceptable. Et les travailleurs sont en bonne position. Ils ont envie de se battre, comme le montre l’écrasant vote de grève. Et ils peuvent exercer une pression immense sur WestJet. En seulement trois jours de grève, Air Canada a perdu une somme estimée à 375 millions de dollars.
Mais pour gagner, il faut tirer les leçons de la grève des agents de bord d’Air Canada. Pendant cette grève, le gouvernement fédéral a imposé une ordonnance de retour au travail qui a rendu la grève illégale. Les agents de bord ont défié l’ordonnance et, en moins d’une journée de grève illégale, le gouvernement a été forcé de la retirer. Avec cette conquête, les agents de bord peuvent se targuer d’être les premiers de toute une génération à vaincre une ordonnance de retour au travail. Tout porte à croire que le gouvernement déclarera à nouveau la grève illégale. Ainsi, la direction du SCFP doit être prête à défier de nouveau une éventuelle ordonnance.
Toutefois, il y a un aspect de la grève d’Air Canada qui ne devrait pas être reproduit. Après que l’ordonnance de retour au travail eut été défaite, le syndicat avait l’avantage et aurait dû poursuivre la grève afin de mettre fin une fois pour toutes au travail non rémunéré. À la place, la direction syndicale a levé les piquets de grève et s’est remise à négocier derrière des portes closes. C’est exactement ce que voulaient les patrons d’Air Canada; la levée des piquets de grève leur a permis de continuer à faire des profits, affaiblissant ainsi la position du syndicat.
Sans surprise, l’entente qui a résulté de cette tactique ne différait pas beaucoup de celle qui était sur la table avant la grève. Les dirigeants du SCFP avaient beau déclarer que « le travail non rémunéré [était] fini », le contrat n’y mettait pas fin. Les travailleurs étaient furieux. Pour comble d’insulte, ces derniers n’avaient la permission de voter que sur la partie du contrat relative aux salaires. Et même lorsque cette partie a été rejetée de façon écrasante, la direction syndicale a soumis le contrat à l’arbitrage, qui a sans surprise statué en faveur des patrons.
La lutte des agents de bord de WestJet ne peut s’engager sur la même voie. Les travailleurs doivent avoir eux-mêmes le plein contrôle de la grève. Les piquets de grève ne devraient pas être démantelés sans un vote préalable, et aucune entente ne devrait être acceptée sans que les travailleurs ne puissent voter sur son adoption. Afin d’éviter les accords de compromission négociés dans le dos des travailleurs, il faut que le principe de la négociation ouverte soit établi, de sorte que les travailleurs soient tenus au courant de tous les développements à chaque étape.
En faisant la grève et en défiant toute ordonnance de retour au travail, les agents de bord de WestJet peuvent mettre fin au travail non rémunéré et arracher une importante victoire pour tout le mouvement ouvrier.
Préparons-nous à défier!
Pour vaincre, faisons la grève!
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